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Harcelée par des antivax, une médecin généraliste autrichienne se suicide

La Dre Lisa-Maria Kellermayr, 36 ans, a été retrouvée morte le 29 juillet dernier dans son cabinet de Haute-Autriche. La thèse du suicide a été confirmée. Depuis plusieurs mois, elle était la cible de menaces de mort et d’insultes de la part d’opposants à la vaccination contre le Covid.

 

Elle faisait l’objet depuis plusieurs mois d’un déchaînement de haine. La Dre Lisa-Maria Kellermayr, médecin généraliste à Seewalchen, en Haute-Autriche, âgée de 36 ans, a mis fin à ses jours dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 juillet, dans son cabinet. 

La jeune femme, qui était fréquemment invitée par les médias autrichiens pour défendre la vaccination contre le Covid et s’exprimer sur les politiques sanitaires mises en place dans le pays, avait annoncé stopper ses consultations fin juin. Car ses positions lui avaient valu d’être devenue la cible d’opposants au vaccin depuis de nombreux mois. La Dre Kellermayr avait notamment critiqué un mouvement de protestation contre la vaccination obligatoire à l’automne 2021. 

Sur son site professionnel, fin juin, elle indiquait que malgré une somme colossale investie pour garantir la sécurité et la bonne prise en charge de ses patients, la situation était devenue insoutenable. A la presse, elle se disait "à bout de nerfs", "menacée d’insolvabilité". La praticienne avait par ailleurs publié des extraits des menaces qu’elle recevait sur sa boîte mail.

A plusieurs reprises, elle avait alerté en vain les autorités. La police, qui avait accusé la généraliste d'instrumentaliser l'affaire "pour sa propre notoriété", a cependant assuré que tout avait été fait pour la protéger.

L’annonce du décès de la praticienne médiatique a plongé le pays dans le deuil. Des milliers d’Autrichiens se sont rassemblés dans plusieurs grandes villes du pays pour lui rendre hommage et alerter le Gouvernement. Daniel Landau, organisateur de la cérémonie de commémoration à Vienne, l'avait rencontrée mi-juillet dans son cabinet. "Elle y vivait recluse depuis des semaines, elle n'osait pas sortir", racontait-il à l'AFP.

Le Président Alexander Van der Bellen s’est quant à lui rendu dans la ville où elle était installée, et a déclaré que "la haine et l'intolérance n'ont pas leur place en Autriche".

Des commentaires malveillants continuaient cependant à circuler sur des groupes Telegram après son décès. Certains internautes "célèbrent sa mort, d'autres imputent son décès au vaccin", indiquait Ingrid Brodnig, journaliste spécialiste des réseaux sociaux. 

[avec Libération et AFP]

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