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HTA : le firibastat, chef de file d’une nouvelle classe thérapeutique

Selon les études, on estime que près de 30% des patients hypertendus ne répondraient pas ou pas assez aux traitements anti-hypertenseurs actuellement disponibles. D’où l’intérêt de développer de nouvelles thérapeutiques.

Des chercheurs parisiens (Inserm, Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris, Inserm du Collège de France) développent actuellement, en partenariat avec la Société Quantum Genomics, et avec le soutien de l’ANR, une nouvelle classe de médicaments, qui cible l’angiotensine III. Ce peptide contrôle en effet le système rénine-angiotensine, mais cérébral, et non systémique (qui, lui, est contrôlé par l’angiotensine II).

Ainsi, l’angiotensine III accroit l’activité des neurones qui favorisent la vasoconstriction, inhibe le réflexe qui permet d’adapter l’intensité des contractions cardiaques au niveau de la pression artérielle et enfin, contribue à la sécrétion accrue de vasopressine.

Le firibastat, développé par les spécialistes, inhibe spécifiquement l’aminopeptidase A, une enzyme présente dans le cerveau qui produit l’angiotensine III. Il est administré par voie orale, et devient actif dans le cerveau après avoir franchi la barrière hémato-encéphalique.

Après avoir vérifié sa sécurité d’utilisation dans des études de phases I, les chercheurs ont mis en place une étude de phase IIa qui a inclus 34 patients (moyenne d’âge 57 ans ; 73% d’hommes ; non obèses) dont la pression artérielle (PA) ambulatoire diurne était comprise entre 135/85 mmHg et 170/105 mmHg. Cette étude, contre placebo, a permis de montrer la supériorité du firibastat sur le contrôle de la PA systolique (PAS) après quatre semaines de traitement , avec une réduction de 4,7 mmHg en moyenne contre une hausse de 0,1 mmHg sous placebo.

Néanmoins, cette différence n’est pas statistiquement significative. "Cela peut s’expliquer par la taille réduite de l’effectif mais aussi par le fait que les patients inclus avaient une hypertension artérielle modérée, explique Catherine Llorens-Cortes, directrice de recherche Inserm. Le firibastat est un agent anti-hypertenseur et non un hypotenseur, ce qui signifie qu’il peut agir sur une hypertension mais n’aura aucun effet sur une tension normale. Son efficacité devrait donc s’accroitre avec la sévérité de l’hypertension", clarifie la chercheuse. Ce qui semble se confirmer dans cet essai car la baisse de la PAS atteignait 9,4 mmHg chez les sujets ayant les plus fortes HTA, alors que le bénéfice était moins marqué pour des PAS basales plus faibles. La bonne tolérance du médicament a été constatée ; et il n’interférait pas avec le système rénine-angiotensine systémique.

"Ces résultats encourageants ont donné le feu vert à l’étude de phase IIb qui vient de s’achever aux Etats-Unis. Elle a confirmé l’efficacité du firibrastat chez 254 patients hypertendus en surpoids à haut risque cardiovasculaire après deux mois de traitement, y compris chez les patients afro-américains qui ont le plus souvent une hypertension résistante aux traitements actuellement disponibles", précise Catherine Llorens Cortes.

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