Les hypoglycémies, particulièrement nocturnes, sont pro-arythmogènes chez les diabétiques de type 1

26/05/2017 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie

Les hypoglycémies pourraient avoir des effets pro-arythmogènes par l’intermédiaire d’une stimulation sympathique et d’une hypokaliémie. Les arythmies en rapport avec des hypoglycémies sont une cause du syndrome de décès pendant le sommeil, situation rare mais dramatique. Les effets sur l’ECG, au cours de la nuit et de la journée, d’hypoglycémies cliniques, ont donc été analysés chez 37 diabétiques de type 1 grâce à une surveillance glycémique continue et à un Holter ECG pendant 96 heures. Un total de 2 395 heures d’enregistrements simultanés a été obtenu : 159 heures en hypoglycémie et 1 355 en euglycémie. La durée médiane des hypoglycémies nocturnes était de 60 minutes et était supérieure à la durée médiane des hypoglycémies diurnes (44 minutes, p = 0.02). Seules 24.1 % des hypoglycémies nocturnes et 51 % des hypoglycémies diurnes étaient symptomatiques. La bradycardie était plus fréquente au cours des hypoglycémies nocturnes en comparaison des périodes d’euglycémies nocturnes (rapport des taux d’incidence de 6.44 ; IC 95 % = 6.63, p < 0.001). Au cours des hypoglycémies diurnes, la bradycardie était moins fréquente (rapport des taux d’incidence = 0.023 ; IC 95 % = 0.002-0.26, p = 0.002) et la survenue d’extrasystoles auriculaires était plus fréquente (rapport des taux d’incidence = 2.29 ; 1.19-4.39, p = 0.013). Une prolongation de l’espace QT corrigé, une durée de l’onde T et une diminution de la symétrie de l’onde T ont aussi été détectées au cours des hypoglycémies tant nocturnes que diurnes. En conclusion, les hypoglycémies asymptomatiques sont fréquentes chez les diabétiques de type 1. Il semble bien exister des différences en termes de risque d’arythmie et de troubles de repolarisation cardiaque au cours des hypoglycémies nocturnes en comparaison des hypoglycémies diurnes chez les jeunes adultes diabétiques de type 1. Ces données apportent donc de nouveaux arguments pour considérer que les hypoglycémies, particulièrement nocturnes, sont pro-arythmogènes chez les diabétiques.

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