Orbitopathie sévère : l’expérience de 20 années d’une consultation multidisciplinaire à Toulouse

27/02/2019 Par Pr Philippe Chanson
Ophtalmologie
La maladie de Basedow peut se compliquer d’une orbitopathie, parfois très sévère, mettant en jeu la vision. Ces orbitopathies sévères touchent 3 à 5 % des patients ayant une atteinte oculaire dans le cadre d’une maladie de Basedow.

Les dossiers de tous les patients ayant une orbitopathie sévère menaçant la vision, c’est-à-dire responsable d’une neuropathie optique ou d’un ulcère cornéen, vus et traités à la consultation multidisciplinaire œil/thyroïde de Toulouse sur les 20 dernières années, ont été analysés. Cette cohorte était composée de 31 patients d’âge médian 51 ans, dont 24 femmes (77 %) ; 58 % avaient un tabagisme actif. L’atteinte oculaire avec un risque d’atteinte visuelle de ces 31 patients intéressait 47 yeux. La neuropathie optique était la cause principale, survenant pour 40 des 47 yeux, l’ulcère cornéen pour 15 yeux et les deux pour 8 yeux. Au moment du diagnostic, les caractéristiques de la neuropathie optique étaient une baisse de l’acuité visuelle (85 %), des troubles du champ visuel (80 % des cas), un œdème papillaire (42 % des cas) et une baisse de la vision des couleurs (100 % des cas). Après un an, une décompression orbitaire chirurgicale a été réalisée dans 82.5 % des cas de neuropathie optique. Seuls 7 patients avec neuropathie optique ont été traités par bolus IV de corticoïdes. Les ulcères cornéens ont été traités de diverses manières (décompression orbitaire chirurgicale, greffe de membrane amniotique, tarsorraphie, injection de toxine botulinique, chirurgie palpébrale…). En termes de vision, 85 % des neuropathies optiques ont récupéré ou se sont améliorées après traitement. Pour ce qui concerne l’acuité visuelle dans l’ulcère cornéen, la récupération ou l’amélioration a intéressé 71.4 % des patients. En conclusion, la décompression orbitaire, largement utilisée dans ces cas de neuropathie optique, semble une stratégie efficace chez les patients présentant une ophtalmopathie sévère avec perte visuelle. En revanche, il faut recourir à diverses stratégies thérapeutiques pour traiter les ulcères cornéens. Grâce à cette prise en charge multidisciplinaire, les résultats sont satisfaisants.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2