Oncologie : sous immunothérapie anti-PD1, risque augmenté d’hypothyroïdie et d’hypophysite

23/03/2018 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

Les immunothérapies sont de plus en plus utilisées dans le traitement du cancer compte tenu de leur efficacité. Parmi celles-ci, les inhibiteurs ciblant PD-1 ou anti-ligand du PD-1 (PD-L1) sont à l’origine de différentes pathologies auto-immunes qui constituent des effets secondaires en relation avec l’activation de l’immunité. Les taux de ces effets secondaires sont difficiles à affirmer car beaucoup de publications rapportent des effets secondaires de manière très variable. Il était important de faire une analyse systématique de tous les essais dans lesquels ces médicaments anti-PD-1 et anti-PD-L1 avaient été comparés à d’autres médicaments. Une équipe américaine de New-York a donc analysé en détail les principales études cliniques effectuées chez des patients ayant un cancer récidivant ou métastatique. 13 études intéressantes ont été incluses mais les effets secondaires n’étaient disponibles que pour 8. Les études comparaient le nivolumab (n = 6), le pembrolizumab (5) ou l’atezolizumab (2) avec la chimiothérapie (11), avec d’autres médicaments (1) ou avec les deux (1). Les effets secondaires d’origine immunologique, graves et spécifiques, étaient rares mais en comparaison des traitements standards, l’étude confirme bien qu’il y a 7 fois plus de risques de voir apparaître une hypothyroïdie (odds ratio = 7.56 ; IC 95 = 4.53-12.61) et 3 fois plus de risques de voir apparaître une hypophysite (OR = 3.38 ; 1.02-11.8) sous anti-PD-1. D’autres effets secondaires (5 fois plus de pneumopathie, 2 fois plus de colite) sont aussi plus fréquents. En dehors des atteintes auto-immunes, les taux de rash cutané étaient 2 fois plus importants. En revanche, l’incidence de la fatigue ou des diarrhées était élevée mais semblable au traitement habituel. Cette méta-analyse confirme donc bien l’incidence accrue d’hypothyroïdie et d’hypophysite sous anti-PD1.

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