Violences gynécologiques : le collège des gynécos alerte sur l'usage du mot "viol"

24/06/2022 Par Sandy Bonin
Alors que la secrétaire d'Etat en charge du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue de profession, est visée par deux plaintes pour viols, le Collège national des gynécologues et obstétriciens Français (CNGOF) alerte sur l'usage de ce terme lorsqu'il est réalisé sans la moindre intention sexuelle.
 

"La société savante est très inquiète de l’usage actuel du mot viol pour qualifier des examens médicaux, notamment gynécologiques, réalisés sans la moindre intention sexuelle", écrit le CNGOF dans un communiqué, tout en rappelant porter "la plus grande attention aux plaintes exprimées par les femmes". Le Collège des gynécologues réagit après l'ouverture d'une enquête visant la secrétaire d'Etat en charge du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux Chrysoula Zacharopoulou. La praticienne est accusée de viols pour avoir réalisé des pénétrations opérées en consultation sans avoir obtenu le consentement des patientes.

"Nous appelons les pouvoirs publics à ouvrir une réelle discussion à ce sujet entre magistrats, avocats, représentants des patientes, philosophes et médecins de notre spécialité, médecins généralistes mais aussi urologues, gastroentérologues, radiologues, chirurgiens, sages-femmes, toutes celles et ceux qui, dans l’intérêt des patientes, pratiquent des examens vaginaux ou rectaux", écrivent les médecins du CNGOF. En effet, la loi définit la notion de viol comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise". Une charte de l’examen gynécologique a été publiée par le CNGOF, insistant sur la bienveillance et le consentement indispensables lors des examens gynécologiques. "Ne plus pratiquer ces examens par craintes de poursuites pourrait nuire à la santé des femmes", met en garde la société savante.  

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

MICHEL BANVILLET

MICHEL BANVILLET

Oui

À notre époque, la notion d'éthique a disparue de notre société. Faire confiance a des pairs, c'est favoriser les petits arrangeme... Lire plus

6 débatteurs en ligne6 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
29
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
31
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2