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C à 30 euros, docteurs juniors et délégations de tâche : le programme santé de Valérie Pécresse

Plan "zéro désert", "pacte avec les médecins libéraux", "vent de liberté" pour l'hôpital… La candidate Les Républicains à la présidentielle propose une "réforme profonde et d'ensemble de notre système de santé", avec pour objectif de rétablir "un accès à la santé partout et pour tous". 

"La crise sanitaire a mis au jour l’appauvrissement sans précédent de notre système de santé", attaque Valérie Pécresse dans son programme santé. Le résultat de dix années d'austérité budgétaire sous les quinquennats de François Hollande et Emmanuel Macron, accuse la candidate LR et centristes. "Le système a été tenu à bout de bras par des professionnels à bout de souffle", a-t-elle lancé, jeudi 17 mars, lors du Grand oral santé organisé par la Fédération hospitalière de France. "Je propose un projet de reconstruction de notre système de santé, avec l’objectif d’augmenter notre espérance de vie de 3 ans en 10 ans", a-t-elle présenté. La santé fera l’objet d’une grande loi quinquennale, s’engage-t-elle. 

 

25.000 embauches à l’hôpital, 20.000 étudiants en médecine formés chaque année 

Pour rebâtir un hôpital qui s’"écroule", Valérie Pécresse veut recruter 25.000 soignants et donner à l’hôpital "plus de souplesse et d’autonomie" grâce à un "statut rénové permettant des décisions simplifiées" et à un système de "délégation" pour les chefs de service. Elle conservera la T2A mais instillera davantage de financement à la qualité. 

Jugeant que "l'accès aux soins des Français est aujourd'hui gravement compromis par l'extension des déserts médicaux", l'actuelle présidente de la région Ile-de-France promeut un plan "zéro désert", avec pour objectif d"offrir à chaque Français une réponse en matière de santé à moins de 30 minutes de son domicile (consultation, prise en charge hospitalière, service d’urgence). Pour cela, elle propose de doubler le nombre de médecins formés d'ici 5 ans en portant à 20.000 le nombre d'étudiants admis en 2e année de médecine d'ici la fin du quinquennat. Faute de moyens supplémentaires pour les universités, "la suppression du numerus clausus n’a rien changé", souligne l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur. "Il faut faire des premières années de santé décentralisés dans les territoires. Il faut pouvoir faire des stages dans les hôpitaux privés et il faut plus de maîtres de stage en ville. Cela nécessite plus de moyens et d’enseignants, mais c’est possible", assure-t-elle. 

 

"Qui peut croire qu’une consultation de généraliste vaut 25 euros ?"

Ayant fait le choix de "garder la liberté d’installation", la candidate soutient néanmoins l’idée d’une 4e année d’internat de médecine générale à effectuer dans les zones sous-dotées, ce qui permettra de disposer du renfort à court terme de près de 4000 "docteurs juniors". "C’est du donnant donnant, plaide Valérie Pécresse. Je souhaite que la consultation du généraliste passe à 30 euros et que les autres actes soient aussi augmentés. Les tarifs actuels ne reflètent pas la valeur des actes. Qui peut croire qu’une consultation de généraliste vaut 25 euros ?"

La candidate à la présidentielle veut demander à l’Assurance maladie de prévoir, par région, "une dotation lutte contre la désertification sanitaire qui permettra d’abonder la rémunération des professionnels de santé en fonction de leur activité dans les zones sous tension. Elle permettra d’aider les jeunes médecins à s’installer et à exercer à la fin de leurs études dans les zones qui en manquent, par exemple dans des maisons médicales. La région pourra demander aussi à utiliser cette dotation pour tous les professionnels de santé, du pédicure-podologue au dentiste, en fonction de la rareté de ces professions sur leurs territoires."

 

"Les délégations de tâches doivent cesser d’être un tabou"

Affichant une volonté de faire "confiance" aux acteurs de terrain, la présidente de la région Ile-de-France défend l’idée d’une "alliance de santé" au niveau de chaque territoire, rassemblant les professionnels de santé, en lien avec les élus locaux et les patients, pour qu’ils "établissent eux-mêmes, en six mois, leurs plan d’action pour réduire concrètement les délais d’attente, assurer les permanences de soins et faciliter l’accès aux soins des plus fragiles". "Les ARS seront présidées par les régions. Les départements deviendront les bras armés de la lutte contre les déserts. Selon les territoires, on définira la politique qui conviendra le mieux", a-t-elle détaillé lors du Grand oral.  

Pour améliorer l’accès aux soins, Valérie Pécresse mise aussi sur les pharmaciens et les infirmières libérales qui seront "des acteurs centraux de la prévention, à travers de nouvelles missions reconnues et valorisées pour le dépistage ou le suivi des maladies chroniques". Elle plaide pour davantage reconnaître les compétences des paramédicaux, en permettant aux professionnels "ayant validé cinq ans d’études supérieures de rejoindre le deuxième cycle des études médicales et d’y bénéficier d’un cursus accéléré". Les sages-femmes se verront déléguer davantage de responsabilités. Valérie Pécresse souhaite aussi créer un nouveau métier d’"infirmier praticien" et mettre en place une procédure accélérée et simplifiée d’autorisation des délégations de tâche entre professionnels de santé. "Les délégations de tâches doivent cesser d’être un tabou", affirme-t-elle. 

Pour le grand âge, la candidate de droite promet d’accorder 2500 euros de crédits d’impôts supplémentaires pour financer le maintien à domicile et d’embaucher "davantage de personnels auprès des résidents" en Ehpad. "Il faut passer d’un ratio de 6 personnels pour 10 résidents à 8 pour 10", a-t-elle précisé lors du grand oral. Des indicateurs...

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