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"L'heure est grave" : contre les transferts de compétence, le président de l'Ordre des médecins sonne la charge

Fustigeant les amendements gouvernementaux déposés dans le PLFSS 2022 qui introduisent de multiples transferts de compétence vers les paramédicaux (IPA, kinés, orthoptistes…), l’Ordre et les six syndicats représentatifs de médecins libéraux se sont unis de façon inédite pour interpeller la présidente de la commission des Affaires sociales du Sénat dans une lettre. Alors que la chambre haute débutera l’examen du texte lundi 8 novembre, les représentants des praticiens espèrent un retour en arrière. Le président de l’Ordre, le Dr Patrick Bouet, revient pour Egora sur ce qui a motivé l’écriture de ce courrier et appelle les parlementaires à prendre leurs responsabilités dans l’intérêt du patient.
 

Egora : Lors de votre conférence de presse de rentrée, vous alertiez sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022, espérant un texte non déstructurant pour la profession de médecin. Le texte initial se voulait rassurant, mais le danger est venu des amendements. Cela signifie qu'il n'y a pas eu de concertation ?

Dr Patrick Bouet : Si l’ensemble des structures représentant la profession sont amenées à s’exprimer d’une voix commune, c’est bien la confirmation qu’un certain nombre de propositions qui ont été faites, notamment par amendements gouvernementaux, ont été totalement déconnectées d’une quelconque concertation. Nombreux d’entre nous ont été assurés que ces propositions ne seraient pas intégrées dans le PLFSS. A défaut d’une surprise, c’est une déception.

Cette lettre montre que nous sommes dans un moment particulier : des représentants d’une catégorie professionnelle sont obligés de s’exprimer publiquement dans une phraséologie commune alors qu’il eut été beaucoup plus productif de pouvoir se concerter avant et travailler ensemble à des propositions constructives. Je ne pense pas que le Gouvernement ait eu avantage à proposer des amendements qui ne correspondent pas aux engagements qu’il avait pris. Tous sont déçus, y compris les collègues d’autres professions qui attendaient d’autres résultats. Saupoudrer de petites réponses ne fait que différer la nécessité d’apporter une vraie réponse. La politique a toujours démontré ce principe.

 

Etes-vous en contact depuis avec le ministère ? Avez-vous pu obtenir des explications ?

Pensez-vous que nous aurions écrit cette lettre si cela avait été le cas ? Nous avons ardemment besoin, aujourd’hui, que le Gouvernement reprenne contact avec les médecins qui sont au cœur de l’équilibre et de la sécurité dans l’exercice d’un parcours de santé.

 

Vous signez aujourd'hui cette lettre à la présidente de la commission des Affaires sociales du Sénat aux côtés des syndicats. C'est inédit. L'heure est grave ?

Nous avons l’impression que, par petites touches, le système de santé est en train de connaître des modifications fondamentales qui ne répondent pas à ce que pourraient être les attentes d’un système plus performant. Donc oui, l’heure est grave car nous allons au-devant d’expérimentations qui vont se multiplier. Nous n’avons pas encore soldé les expérimentations de la loi HPST qu’on nous en propose d’autres...

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