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"Après l’effondrement des services d’urgence, nous allons assister cet été à celui des Samu-Centre 15", alerte le Dr Pelloux

L’Association des médecins urgentistes de France s’inquiète de la possibilité de fermer l’accès aux urgences la nuit, alors que les conclusions de la mission flash du Pr François Braun sont attendues ce vendredi. 

 

Alors que les vacances estivales débutent la semaine prochaine, on devrait connaître d’ici vendredi ou lundi au plus tard, les conclusions de la mission flash sur les urgences, menée depuis un mois par le Pr François Braun. Mais certaines pistes envisagées par le patron du Samu inquiètent déjà l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), à commencer par la possibilité de fermer les urgences la nuit. 

Pour son président, le Dr Patrick Pelloux, prendre cette décision serait une “aberration”. “Demander aux patients d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences va provoquer un engorgement de standards qui sont déjà aujourd’hui surchargés”, prévient-il. “Le résultat est connu d’avance, des délais de décroché qui s’allongent, avec des appels pour des détresses comme des arrêts cardiaques, des infarctus ou des traumatismes graves qui vont se perdre au milieu d’appels pour des pathologies banales. En clair, après l’effondrement des services d’urgence, nous allons assister cet été à celui des SAMU-Centre 15 !”. 

Pour l’urgentiste, le danger réside aussi dans le fait de laisser les patients estimer par eux-mêmes si leur cas est grave ou non. “Tout médecin sait qu’un examen clinique est indispensable par exemple face à une douleur abdominale pour savoir s’il s’agit d’une simple gastro-entérite ou plutôt d’une péritonite qui nécessite une intervention chirurgicale en urgence”, dénonce-t-il. 

 

 

Selon l’Amuf, en prenant cette décision, le Gouvernement tenterait de cacher le “vrai problème”, “qui n’est pas un afflux de patients aux urgences mais bien le manque de lits pour les 20 % de patients qu’il faut hospitaliser”. “Les difficultés et la charge de travail dans les services ne sont pas liées aux patients qui viennent sur leurs deux jambes et qui repartent sur leurs deux jambes, mais bien aux plus graves qui attendent des heures, parfois des jours, sur des brancards qu’un lit se libère”, insiste le Dr Pelloux, estimant que la “recherche de solutions” a été confiée à des “très proches du Gouvernement” qui ne sont là que pour “pour valider une dégradation du service public sous couvert d’un consensus professionnel”. 

L’association prévient enfin que beaucoup de médecins urgentistes n’adhèrent pas à ce consensus et que les solutions préconisées par le Pr Braun “aggraveront les conditions de travail des personnels dans les services d’urgence, ce qui aura pour conséquence une accélération des démissions qui sont une des causes de la crise actuelle”. 

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