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Rupture des négociations conventionnelles : un mauvais coup pour la téléconsultation

Suspendues faute d'accord dans un contexte électoral tendu, les négociations conventionnelles des médecins ne reprendront qu'au printemps. Revers pour le Dr François Pelen, co-fondateur de Point Vision et auteur de « Crise sanitaire : pourquoi il faut presque tout changer. Le temps du médecin entrepreneur », qui attendait avec impatience l'assouplissement des conditions de remboursement de la téléconsultation pour mettre en place des "projets innovants" afin de renforcer l'accès aux soins spécialisés.

 

"Les négociations conventionnelles entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins concernant l’avenant 9 de la convention des médecins ont été interrompues par Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam devant le refus des syndicats représentatifs de le signer dans les conditions actuelles.

Elles sont renvoyées à la fin du premier semestre 2021, après les élections aux URPS (Unions régionales des professions de santé) prévues en avril prochain.

Ce report fait une victime : la téléconsultation, pour laquelle les médecins spécialistes avaient besoin de la signature de cet avenant pour travailler au mieux des intérêts de la population. En effet, deux décisions étaient très attendues :

  • Possibilité d’avoir une téléconsultation même si le médecin n’a pas été vu en présentiel dans l’année (avenant 6) : il est certain que pour des ophtalmologistes à qui on demande de voir les patients tous les 3 à 5 ans, ça faisait désordre !
  • Possibilité de prendre en charge des patients non encore connus du spécialiste : là aussi, si on veut rendre un service de spécialité dans un territoire sous-doté, cette évolution voulue par Thomas Fatôme est intelligente et importante.

Autant je comprends que la revalorisation de la rémunération des médecins de ville est aussi importante que celle des hospitaliers, autant bloquer pour plus de 6 mois l’évolution de la téléconsultation pour le bien des Français n’est pas raisonnable.

Quelle conséquence ? Pour nos centres d’ophtalmologie, ce sont 4 postes avancés dans des zones défavorisées qui risquent d’être remis en cause. Cela est valable pour bien d’autres de mes confrères et consœurs prêts à jouer le jeu et dont les projets innovants sont menacés. L’époque est assez compliquée pour ne pas décourager les entrepreneurs de santé !

Un espoir ? Une phrase reprise dans la presse : « Les travaux techniques vont néanmoins continuer, notamment sur les soins non programmés au travers des expérimentations sur le service d’accès aux soins [SAS] et sur le numérique en santé avec une feuille de route très significative. ».

Cela veut-il dire que nous pouvons avancer quand même ? En tout cas cela mérite des éclaircissements qui ne sont pas encore venus.

Nous avions un projet d’expérimentation avec la Cnam, très avancé, qui a été reporté du fait du premier confinement puis annulé du fait du nouveau texte de l’avenant 9 promis pour la fin de l’année. Nous avons investi, pris des locaux, fait des travaux, commencé à recruter : faut-il considérer que tout cela a été fait pour rien ? Ce serait un gâchis pour nous, une perte d’espoir pour des patients.

 Je veux rester optimiste et croire au bon sens des partenaires sociaux qui ne veulent surement pas jouer contre l’intérêt des patients."

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