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"La vaccination est un homicide involontaire" : la nuisance des anti-vaccins

[Rediff] - Adeptes de la naturopathie, complotistes ou simplement inquiets, les anti-vaccins se font entendre de plus en plus. Grâce à Internet, leur discours trouve un écho sans précédent. Inquiets, les pouvoirs publics peinent pourtant à se faire entendre face à ces lobbys qui profitent d’un terreau fertile.

 

 

A bientôt 2 ans, Pierre n’a encore jamais été vacciné. "Nous ne voulons lui faire que les vaccins obligatoires, ce qui n’est pas possible. Le DT-Polio n’est plus commercialisé depuis 2008", rétorque son père, Mickaël Lecomte, au pédiatre qui s’étonne de trouver un carnet de vaccination vierge. "Je ne vais pas prendre de risques pour des maladies peu fréquentes. Quand on évalue le rapport bénéfices risques, le bénéfice tend vers zéro, et le risque tend vers l’intolérable. J’ai peur des effets secondaires", explique Mickaël Lecomte, qui ne se définit pourtant pas comme un "anti-vaccin". D’ailleurs, s’il a été consulter ce pédiatre, c’est bien pour faire vacciner son fils contre la fièvre jaune avant un séjour au Gabon. En France, la couverture vaccinale des nourrissons atteint les 98 %, indique l’Institut de veille sanitaire (InVS). Mais une diminution de cette couverture a été observée au début de l’année 2015, et inquiète les autorités. "C’est un fait, un mouvement de défiance vis-à-vis de la vaccination s’est développé dans notre pays. Le taux de couverture vaccinale contre la grippe a chuté de 13 points depuis 2008. Les professionnels de santé expriment leurs inquiétudes face à la baisse de la vaccination chez les nourrissons et à la résurgence régulière des cas de rougeole. Des signes préoccupants ne peuvent être négligés", indiquait Marisol Touraine, début janvier, lors de la présentation de son plan d’action pour une rénovation de la politique vaccinale.

 

Internet, une caisse de résonance inédite

 

Pour autant, il ne faut pas oublier que les craintes vis-à-vis des vaccins sont à peu près aussi vieilles que les vaccins eux-mêmes. Au début du XIXe siècle, peu après la naissance du premier vaccin contre la variole, la rumeur voulait que l’injection fasse courir le risque d’être métamorphosé en vache. "Les mouvements anti-vaccination au XIXe siècle sont massifs dans les pays anglo-saxons, explique Didier Torny, sociologue et directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Il y avait des mères qui, en sortant du cabinet du médecin, suçaient la plaie vaccinale de leur enfant comme pour en extraire le poison. D’autres parents enregistraient les nouveau-nés sous un faux nom pour échapper à la vaccination."

Si les mouvements ont évolué depuis cette époque, une constante demeure dans la méfiance...

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