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Fin du procès Mediator : ce qu'il faut en retenir

Après 517 heures "et quelques minutes" d'audience, le procès du Mediator s'est achevé lundi 6 juillet. Le jugement du tribunal correctionnel de Paris est attendu le 29 mars 2021.  

Durant ces mois de délibéré, les juges vont "devoir mettre de côté l'émotion très forte" ressentie dans cette affaire, a déclaré la présidente du tribunal Sylvie Daunis, après avoir officiellement clos le procès-fleuve du Mediator hier. "Car cette émotion ne doit pas être le guide de notre décision. Seul le respect du droit et de la procédure peut être le fil conducteur de notre réflexion, même si cela peut être difficile à entendre pour les victimes."  

Ouverte le 23 septembre, l'audience a duré 517 heures "et quelques minutes". Quelques 6.500 personnes se sont portées civiles, dont les caisses d'Assurance maladie, qui réclament plus de 450 millions d'euros de dommages et intérêts suite au remboursement de ce traitement adjuvant du diabète, largement détourné comme coupe-faim. Pendant 33 ans, 145 millions de boîtes ont été vendues, 5 millions de personnes en ont consommé. Entre 500 et 2.000 personnes -selon les expertises- sont décédées, la plupart victimes d’une hypertension artérielle pulmonaire. 

Au total, 10,228 millions d'euros d'amende ont été requis à l'encontre des six sociétés de Servier pour "tromperie aggravée", "escroquerie" et "homicides et blessures involontaires". Contre Jean-Philippe Seta, l'ancien bras droit de Jacques Servier, décédé en 2014, l'accusation a réclamé cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans assortis de sursis et 200.000 euros d'amende 

Le groupe pharmaceutique est accusé d'avoir dissimulé la nature anorexigène du Mediator dès sa mise sur le marché en 1976. La défense du groupe pharmaceutique a une ultime fois, lundi, rejeté toute faute pénale dans l'affaire, soutenant qu'il n'y avait pas eu de "signal de risque identifié avant 2009" et que le benfluorex n'a pas d'activité anorexigène chez l'homme. L'accusation, au contraire, a pointé les premières alertes sur la toxicité du Mediator dès 1995.  

Les laboratoires Servier "ne pensent pas être irréprochables dans cette affaire", a assuré François de Castro, l'un des avocats de la firme. "Le premier reproche qu'ils se font, c'est...

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