FMC : 10 points clésPrévention cardiovasculaire : une approche graduée
Le médecin généraliste occupe une place centrale, à l’interface entre dépistage, évaluation du risque et mise en œuvre des stratégies thérapeutiques.
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01Point formation n°1
La prévention cardiovasculaire constitue un enjeu majeur de santé publique, représentant le levier le plus efficace pour réduire la morbi-mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. Les recommandations récentes insistent sur une approche globale, personnalisée et progressive, intégrant à la fois les facteurs de risque traditionnels, les déterminants psychosociaux et les nouvelles données issues de la recherche. L’objectif est d’optimiser le bénéfice clinique individuel en intervenant précocement et de manière ciblée, tout en favorisant l’adhésion du patient sur le long terme.
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02
L’évaluation du risque cardiovasculaire doit être effectuée en présence d’au moins un facteur de risque majeur (hérédité cardiovasculaire, hypercholestérolémie familiale, tabagisme, HTA, diabète, dyslipidémie, obésité ou présence de comorbidités augmentant le risque cardiovasculaire) ou après 40 ans chez l’homme et 50 ans chez la femme.
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03
Chez les patients apparemment sains, c’est-à-dire sans athérosclérose établie ni diabète, insuffisance rénale chronique, HTA (supérieure ou égale à 180 mmHg) ou dyslipidémie génétique, l’estimation du risque d’événement cardiovasculaire fatal ou non fatal à dix ans doit se faire via Score2 (entre 40 et 69 ans) ou Score2-OP (à partir de 70 ans), qui intègrent âge, sexe, tabagisme, pression artérielle et cholestérol.
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04
La stratification du risque cardiovasculaire doit être complétée par la recherche de facteurs modificateurs (antécédents familiaux précoces, comorbidités, facteurs psychosociaux) et éventuellement par une imagerie, comme le score calcique coronaire en cas de doute, afin d’affiner la décision thérapeutique.
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05
La prise en charge doit suivre une approche graduée, en priorisant les patients à haut ou très haut risque, avec des objectifs plus stricts et une intensification thérapeutique rapide en cas de bénéfice attendu élevé.
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06
Les interventions sur le mode de vie doivent être initiées chez tous les patients, avec prescription précise d’acti-vité physique (≥ 150-300 min/semaine d’activité modérée), réduction du temps sédentaire et promotion d’une alimentation de type méditerranéen.
Le sevrage tabagique doit être systématique, en utilisant une stratégie structurée (méthode des 5A : Ask, Advise, Assess, Assist, Arrange), associée si nécessaire à des substituts nicotiniques ou des médicaments spécialisés (varénicline ou bupropion). -
07
La pression artérielle doit être mesurée régulièrement en consultation, confirmée si besoin par automesure, ou Mapa, avec un objectif tensionnel généralement inférieur à 140/90 mmHg puis inférieur à 130/80 mmHg si bien toléré, en combinant mesures hygiéno-diététiques et traitements antihypertenseurs.
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08Point formation n°8
La prise en charge lipidique repose sur le dosage du LDL-cholestérol et la définition d’objectifs selon le risque avec initiation de statine en première ligne et intensification progressive selon la réponse.
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09
Le dépistage du diabète doit être réalisé par glycémie à jeun ou HbA1c, avec un contrôle glycémique individualisé et l’utilisation de traitements ayant démontré un bénéfice cardiovasculaire (inhibiteurs de SGLT2, antagonistes du récepteur au GLP-1).
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10
L’adhésion thérapeutique doit être optimisée, par une communication claire du risque cardiovasculaire (risque absolu, âge cardiovasculaire), une décision partagée et des stratégies simples (polypill, simplification des schémas). Le suivi doit être régulier, avec réévaluation du risque tous les cinq ans (ou plus fréquemment si risque élevé), adaptation des objectifs et surveillance des facteurs de risque, en intégrant les comorbidités et l’évolution clinique.
Références :
Le Dr Trimaille déclare avoir des liens d’intérêts avec Edwards Lifesciences (bourse de recherche).