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Pénurie de vaccins, le diagnostic flou des laboratoires

Depuis plusieurs mois, les injections simples contre le BCG, la coqueluche ou l’hépatite B sont en rupture de stock. Pour l’expliquer, les entreprises pharmaceutiques avancent des arguments peu convaincants.

La réponse fuse : «Non, on n’a pas de vaccin contre le BCG.» «Et le vaccin contre le virus de l’hépatite B ?» insiste le client. «Non plus, rupture de stock.» «Bon, ben alors le vaccin contre la coqueluche ?» «Seul, non. Mais on l’a en hexavalent, c’est-à-dire avec cinq autres vaccins.» Dialogue bien réel ces jours-ci dans une pharmacie au cœur de Paris. Et stupeur du client. Que se passe-t-il ? Y aurait-il quelque chose de détraqué dans le monde des industriels du vaccin ? Comment se fait-il que, depuis des mois, des vaccins de base, essentiels et indispensables, se retrouvent en rupture de stock et que, par exemple, des professionnels de santé qui ont l’obligation de se faire vacciner contre l’hépatite B ne puissent pas recevoir la dernière injection ?

Cette situation, totalement inédite par son ampleur et sa durée, pose une multitude de questions sur la stratégie des grands laboratoires. «Ils disent œuvrer pour la santé publique, et là, ils laissent démunis des milliers de patients», réagissent des observateurs du monde médical. «Ils savent être des filous», surenchérit un proche de la ministre de la Santé. Les industriels répondent, eux, fermement : «Mais quel intérêt aurait-on à jouer cette rupture de stock ? A un moment où la vaccination traverse des zones de turbulence, c’est très mauvais pour notre image.» Qu’en est-il alors ? Comment les laboratoires justifient-ils cette pénurie dans l’offre de vaccins, unique dans l’histoire de la santé publique ?

Explication n°1 : une production longue et complexe

Première explication, ce serait la faute aux… vaccins. C’est en tout cas l’argument massue que répètent à l’unisson les fabricants, en l’occurrence GlaxoSmithKline (GSK) et Sanofi, deux des plus importants producteurs au monde : fabriquer un vaccin n’est pas simple, et ce n’est pas comme fabriquer un médicament, car le vaccin est un produit biologique, c’est-à-dire vivant, et non chimique. Et, de ce fait, il est beaucoup plus instable, tributaire des aléas de la production. Par exemple, le vaccin contre la coqueluche est un vaccin dit acellulaire, utilisant quelques parties de la bactérie responsable de la maladie, plutôt que l’ensemble du germe tué.

 

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