Bâclée et injuste : ce rapport explique pourquoi la réforme de la Paces est mauvaise | egora.fr
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Bâclée et injuste : ce rapport explique pourquoi la réforme de la Paces est mauvaise

des promotions plus important. Par exemple, je pense aux chambres de simulation médecine : ça demande de l’investissement et toutes les universités n'ont pas forcément les moyens d’en avoir à hauteur de la taille des futures formations. Tout est lié. Je le répète : le dialogue par les ministères n’a pas été suffisamment abouti pour évaluer ces besoins. C’est la capacité à former qui limite la taille des promotions et on voit bien que ça a une répercussion sur ce qu’il se passe sur les Pass et LAS. Ce que nous, nous souhaitons pour les promotions qui suivent, c’est qu’on ne réponde plus en pourcentage de reçus, mais qu’on réponde pratiquement université par université et qu’un jeune qui s'inscrit dans Parcoursup, sache où il va, ce qu’on attend de lui, et ce que ça lui permet de faire.  

 

 

Pour les prochaines promotions, comment s’assurer de la bonne gestion de la réforme ? 

On peut considérer qu’il y a eu des dysfonctionnements dans la mise en place de la réforme dans certaines universités. Sans les accuser d’avoir voulu mal faire, c’est juste que la réforme a été complexe à mettre en œuvre. Il faut donc mettre en place un observatoire en temps réel en fonction des résultats et des choix itératifs des étudiants, pour qu’ils ne soient pas, à un moment ou un autre, face à un mur. Nous préconisons un comité de pilotage national de la part du ministère de l’Enseignement supérieur, en lien avec le ministère de la Santé car dans ce qui conditionne le nombre d’admis en deuxième année, il y a une estimation des besoins de professionnels de santé dans un territoire donné pour cinq ans. Il faut vraiment un pilotage mano a mano entre les ministères, un pilotage national entre le ministère et les universités, de façon à ce qu’il y ait un cadrage minimal pour tous. Grâce à cela, il y aurait un minimum requis en termes de contenu programmatique, un minimum requis en matière d’organisation des heures de cours. Il ne peut plus y avoir des promotions qui font 50% plus d’heures que d’autres, comme c’est le cas actuellement. D’une université à l’autre, l’équité n’existe pas entre les promotions. Il faut un cadrage sur la façon dont on évalue les étudiants : ces histoires de note éliminatoires, il y a des facs où ça existe et d’autres où ça n'existe pas. Il faut aussi un cadrage pour voir si on a un droit au remord quand on fait une LAS 1, certains l’ont permis, d’autres non. C’est aussi pour ça que le nombre de places est complexe, aujourd’hui à estimer.  

 

L’autonomie des universités est-elle possible avec cette réforme telle que vous la décrivez ? 

C’est tout à fait compatible. Ce n'est pas parce que les universités sont autonomes qu’il ne doit pas y avoir de cadrage national de la réforme, de la part du ministère. C’est son rôle. Les universités elles même, pour celles que j’ai pu avoir en audition, disent qu’il aurait fallu qu’il y ait un cadrage plus important. Faute de cadrage, les discussions ont dû être importantes, la crise sanitaire a complexifié les choses. Il n’y avait pas un cadre de départ dans lequel les universités pouvaient se couler complètement pour mettre en place leurs filières.  

 

Selon vous, il faut aussi créer un référent spécial pour les LAS, dont le fonctionnement est totalement nouveau ? 

Oui, absolument. Avant, il y avait une promotion unique Paces. Maintenant, les promotions sont constituées de Pass et de LAS et il faut un dialogue entre toutes les composantes.   

 

Dans votre rapport, vous parlez d’un statut d’enseignant associé. A quoi correspond-t-il ?  

C’est une proposition faite dans l’urgence, car il n’y aura pas une promotion spontanée de PU-PH ou MCU-PH*** pour ces jeunes de la réforme, on l’a bien compris. D’autant plus que leur répartition nationale est extrêmement hétérogène d’un secteur universitaire à un autre, le nombre d’étudiants par enseignant n'est pas tout à fait le même. Il y a besoin de les renforcer et pour ça, il y a des procédures à suivre. Donc l’idée de ce statut serait un statut intermédiaire, qui permet malgré tout de pouvoir former, au travers de stages, des étudiants hors les murs de l’université centre. Le profil des enseignants associés, ce sont des professionnels qui ont fait une formation pour pouvoir enseigner. C’est l’équivalent des MSU, appliqué aux premières années.  

 

*Le redoublement en Pass, nouveau modèle de la Paces, n’est plus permis. En revanche, les étudiants de cette filière pourront demander à intégrer une deuxième année de LAS.  

**MMOP : Médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie. 

*** Maître de conférences des universités-praticien hospitalier.  

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