Bâclée et injuste : ce rapport explique pourquoi la réforme de la Paces est mauvaise | egora.fr
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Bâclée et injuste : ce rapport explique pourquoi la réforme de la Paces est mauvaise

à la fois les Pass qui n’auront pas pu accéder aux études de santé et les LAS 1 qui poursuivront leur cursus. Or, on sait qu’il y a un certain nombre de filières de l’université, comme le droit, qui sont en tension. Il ne faudrait pas qu’ils ne puissent pas poursuivre en Las 2 à cause d’un manque de places. Nous demandons donc de prévoir des moyens en termes de formation, de lieux.  

 

Le nombre d’admis en deuxième année de médecine a été beaucoup remis en question tout au long de l’année, entre le dernier numerus clausus pour les Paces doublants, et le numerus apertus pour les Pass et les LAS. Le ministère vante une augmentation des effectifs de 14% à la rentrée prochaine. C’est suffisant ?  

C’est une estimation qui mérite d’être réévaluée à l’aune des résultats de cette année. Il y a un certain nombre d’étudiants en Pass qui ont fait une mineur qu’ils ne souhaitaient pas, donc ils vont intégrer une autre licence. Tout ça va pouvoir se dénouer à l’issue de l’année. C’est pour ça que c’est une promotion qu’il faut suivre.  

 

Dans le rapport, une grande partie est consacrée au financement de la réforme, que vous jugez insuffisant. Il faut mettre encore plus de moyens dans la R1C ?  

Oui, c' est insuffisant. Il y a de vraies questions de financement pour les formations qui se posent. D’abord, dans les licences. Je pense qu’il faut pousser le financement des licences en général, de manière à ce qu’elles accueillent plus d’étudiants, en regard de leur envie et leurs besoins. Ces licences accueillent leurs étudiants mais aussi ceux des LAS avec l’option santé. A l’heure actuelle, c’est toutefois difficile de budgétiser une somme, car nous avons besoin d’un retour d’expérience de l’année en cours, qui doit être fait assez rapidement dans l’été.  

Il y a aussi besoin de budget dans les facultés de santé, car les promotions vont être augmentées. Elles auraient déjà pu être plus agrandies, d’autant que dans les territoires, les problèmes de démographie médicale et de déserts médicaux sont importants. On sait que ces problématiques surviennent surtout là où il y a des petites promotions au sein des universités. Faute d’effectifs suffisants d’hospitalos-universitaires, on est limités dans le nombre de jeunes qu’on forme.  

 

Et puis enfin, il y a un vrai sujet, celui des terrains de stage : on ne peut pas faire entrer 12 étudiants dans une chambre d’hôpital. L’objectif de la diversification des profils avec la réforme, c’est aussi la diversification des parcours. C’est donc d’avoir un plus grand nombre de terrains de stage chez les médecins généralistes, ailleurs que dans la ville-centre, dans les hôpitaux publics, en dehors du CHU, dans les cliniques privées, de manière à ce que les étudiants aient le plus tôt possible une expérience professionnelle de médecine qui ne soit pas que celle de l’hôpital.  

 

L’argent, c’est le nerf de la guerre du bon fonctionnement des réformes des études de médecine et de celle du premier cycle en particulier ? 

Les questions budgétaires, c’est le nerf de la guerre, non pas parce qu’il faut dépenser plus mais parce qu’à partir du moment où on a une programmation pluriannuelle avec un numerus pour 5 ans, il faut qu’on ait une programmation pluriannuelle d'investissement et de fonctionnement pour cinq ans, en lien spécifiquement avec cette réforme. Le ministère doit débloquer un budget et avoir une réflexion dans le temps : au fur et à mesure qu’on gonfle les effectifs, on rend nécessaire un accompagnement...

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