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Bâclée et injuste : ce rapport explique pourquoi la réforme de la Paces est mauvaise

chaotique, un retard d’informations et d'accompagnement des étudiants, les universités qui ont mis en place uniquement des LAS et celles qui se sont concentrées sur une Pass sont finalement celles qui ont permis le mieux aux étudiants de comprendre la réforme et prendre en main leur parcours universitaire. Parce que comprendre les deux modèles c’est compliqué, d’autant plus qu’en Pass, on ne peut pas redoubler. Cette année, quatre universités ont choisi de ne mettre en œuvre que des LAS et finalement, ça s’est mieux passé, car cela a enlevé de la complexité dans la compréhension de la réforme par les étudiants.

 

L’année touche à son but. Elle a été très compliquée pour les premières années. Vous préconisez de favoriser la validation de l’année universitaire pour les Pass ? En quoi cela les aiderait-il ?  

Dans notre rapport, il y a deux sujets : celui de la promotion actuelle, qui a essuyé les plâtres, et ensuite, des préconisations pour le futur. Il ne faudrait pas que cette année particulière se passe à nouveau. Cette question de favoriser la validation pour les Pass 2020-2021, ce n’est pas pour faire passer tout le monde en deuxième année. Il y a évidemment une exigence d'excellence pour accéder aux professions de santé. Mais, ce que nous avons relevé, c’est qu’il y a eu un certain nombre d’interprétations, des méthodologies particulières qui se sont mises en place dans certaines universités avec par exemple des notes qui étaient éliminatoires. Ça a été le cas à Brest, avec la note d’anglais. Des étudiants qui avaient une excellente moyenne sur les autres épreuves, n’ont pas pu accéder aux études de santé, parce qu’ils ont eu 11,5 en anglais. L’idée, les concernant, n’est pas d’effacer l’ardoise, mais dans les conditions actuelles, telles que les évaluations et l’accompagnement ont été mis en place, de réfléchir à une méthode pour que chaque université puisse valider un certain nombre d’étudiants qui sont bien dans les objectifs de la réforme en termes de résultats et ont bien les compétences pour pouvoir accéder aux études de santé. En quelque sorte, cela revient à passer à la loupe leurs résultats pour valoriser ceux qui concernent les études de santé. Nous pensons que cette promotion doit être dans un accompagnement quasi-individuel. Ils n’ont pas été accompagnés, pour un grand nombre, faute d’information, de lisibilité. Ils ont découvert les règles du jeu en cours de route sur certaines notes éliminatoires.  

 

Vous proposez aussi un redoublement exceptionnel pour les Pass de cette année alors que la réforme l’exclut normalement ? 

Oui, au-delà de leur moyenne, il faudrait leur permettre de pouvoir redoubler compte-tenu de la situation et du handicap supplémentaire qu’ils avaient par rapport à des étudiants qui seront classiquement en Pass quand les choses vont tourner normalement, qu’elles seront réparées ou améliorées. C’est la moindre des choses de leur permettre de refaire leur année. Rappelez-vous qu’il y a eu, en plus, un retard très important, et je pense très préjudiciable pour les étudiants, qui auraient dû être informés depuis Parcoursup en terminale des places, des prérequis, de ce qu’il était nécessaire d’apprendre et dans quelles conditions… Dans les faits, ils n’ont été informés qu'en cours de deuxième semestre alors qu'ils avaient déjà passé une grande partie des épreuves. Il y a eu une nette absence de perspectives et de visibilité sur l’année universitaire.  

 

 

Pour les LAS aussi, il faudrait alors une compensation... 

C’est, en effet, exactement la même question qui se pose. Il y a des LAS qui se sont retrouvés avec quasiment un programme de licence complet à réviser… Sans compter un nombre d’heures très important en plus pour leur mineure santé. Au bout du compte, ils se sont retrouvés avec plus d’heures de cours que les Paces. Dans ces situations-là, on doit regarder avec attention les compétences et les résultats de ces étudiants. Ceux qui ne sont pas loin du seuil, il faut mettre en place des critères pour leur permettre d’accéder à la deuxième année. Cela veut dire qu’il faut agrandir un peu les promotions, et pour cela, donner des moyens supplémentaires pour le faire bien. Accompagner et former plus dès l’an prochain, c’est une bonne chose. L’idée de les accompagner cette année de cette manière, c’est pour qu’ils ne soient pas discriminés comme dans un concours mais qu’ils soient bien jugés et évalués sur leurs compétences. Pour nous, il s’agit d’enlever les notes éliminatoires, tout ce qui n’a pas lieu d’être.  

 

Vous dites qu’il faut assurer un nombre de places suffisant en deuxième année… Ce n’est pas le cas ? 

Il y a eu une sous-estimation des moyens, financiers et humains de la R1C. Tout est lié. Il faut assurer, pour cette promotion et les suivantes, en LAS 2, suffisamment de places pour éviter que des jeunes qui étaient en Pass ne puissent pas suivre dans cette filière* s’ils ne peuvent pas accéder à MMOP**. La LAS 2 est importante : il y aura...

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