Chaos de la réforme de la Paces : "Il n'a jamais été question de retirer la sélection" | egora.fr
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Chaos de la réforme de la Paces : "Il n'a jamais été question de retirer la sélection"

changements seulement une fois qu’ils y étaient contraints, un peu sans réfléchir. “Il n’y a pas eu de réflexion globale sur la réforme. Il faut absolument anticiper les problèmes à venir pour éviter que cette situation ne se reproduise", martèle Loona Mathieu.

Promotion “crash test”

Les années passées, le taux d’abandon en Paces était de 10 à 20% de l’effectif, la plupart des candidats ayant été essorés par le stress, la concurrence, la charge de travail et le niveau attendu. Peut-on craindre une explosion de ce pourcentage à cause de l’effet cumulé du Covid, de la réforme, des programmes mal ficelés et de l’isolement des étudiants confinés ? La question se pose. “Toutes les hypothèses sont ouvertes, admet Nicolas Lerolle, il est encore trop tôt pour le dire, les premiers examens nous donneront une idée”. Mais il ne le cache pas : des abandons, il y en aura. “Ils existaient déjà en Paces et la Pass et la Las ne sont pas moins difficile. Il y a aussi eu des problèmes de recrutement via Parcoursup, évoqués à la rentrée. Et puis, ce qui est aussi possible c’est que certains se rendent compte que leur matière majeure leur plaît plus que ce qu’ils n’avaient envisagé et corrigent leur parcours”, envisage-t-il

Sur les réseaux sociaux, les étudiants, eux, crient à l’injustice et se qualifient de "promotion crash test”. Même s’il comprend le terme, le doyen d’Angers botte en touche. “Il y aura à la fin de cette année des étudiants qui seront sélectionnés pour aller dans les différentes filières. Oui, il y a une incertitude, les choses ne sont pas comme elles devraient être en termes de communication. Mais ce n’est pas une promotion qui va aboutir à un échec de recrutement. Ce n’est pas une promotion sacrifiée dans le sens où elle n’aura rien à la fin. C’est certes une situation inconfortable, le mot est faible, mais la transformation est en cours et les étudiants seront sélectionnés avec le maximum d’équité à la fin”, promet-il. 

Encore faut-il l’être. Et sur ce point, difficile pour les étudiants d’y voir clair, puisqu'ils ne savent pas encore tous comment ils vont être évalués. Grande nouveauté de la réforme, le passage obligatoire par des oraux. “On appelle cela des minis entretiens multiples”, corrige le Pr Lerolle. Le texte réglementaire prévoit deux entretiens minimums pour 20 minutes d’échange au total. Dans la faculté angevine par exemple, il s’agit d’analyser des compétences différentes de celles constatées à l’écrit. Ainsi, le candidat peut par exemple avoir un texte de presse à lire, synthétiser et exposer en réalisant une analyse de document ou se retrouver dans un “jeu de rôle” pour que le jury évalue sa capacité à se sortir d’une situation. Toutes les facultés sont libres de proposer la formule qu’elles souhaitent. Aucune évaluation ou directive nationale n’a été donnée. 

Fausse disparition du numerus clausus

Passera, passera pas ? Comment savoir ? Un dernier ingrédient est à ajouter à cette situation déjà bien confuse…

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