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L'essentiel

Tétanie et spasmophilie sont deux pathologies souvent associées, voire confondues l’une avec l’autre. En réalité, la médecine fait un véritable distinguo entre ces deux situations, ce qui n’exclue cependant pas quelques points communs, notamment en termes de symptômes.

La tétanie se manifeste cliniquement par des paresthésies, des spasmes musculaires et des myalgies. Les paresthésies sont des sensations anormales, le plus souvent sous forme de fourmillements ou de picotements ; elles se localisent dans la tétanie aux lèvres et à la langue, ainsi qu’aux extrémités, les mains et les pieds. Les spasmes musculaires touchent souvent la face mais le plus caractéristique est celui de la main, donnant ce qu’il est d’usage d’appeler « la main d’accoucheur » ou main de Trousseau. Cette main se caractérise par des doigts serrés les uns contre les autres et à moitié fléchis, en direction du poignet. Cette tétanie est due à un important déficit en calcium, une hypocalcémie, qui, dans les formes les plus graves, peut provoquer des convulsions, comme dans l’épilepsie, voire un coma. Ces grandes hypocalcémies sont généralement la conséquence d’un trouble majeur du métabolisme calcique en raison d’un défaut de fonctionnement des parathyroïdes, deux petites glandes situées de part et d’autre de la thyroïde, donc à la face antérieur du cou, et qui sécrètent normalement l’hormone parathyroïdienne (ou PTH).

 

La vraie tétanie est plus rare que la spasmophilie

La tétanie peut revêtir une forme plus fruste, la tétanie latente, qui est en quelque sorte le trait d’union avec la spasmophilie. Dans la tétanie latente, l’hypocalcémie est nettement moins importante que dans la tétanie vraie ; et les manifestations cliniques se limitent à une certaine instabilité neuromusculaire que des signes permettent de mettre en évidence, notamment le signe de Chvostek qui est un relèvement de l’extrémité de la lèvre supérieure en réponse à une petite chiquenaude donnée sur le nerf facial, juste sous la pommette.

Quand il y a manifestement une tétanie, latente ou non, donc une hypocalcémie plus ou moins sévère, le traitement repose bien entendu sur le calcium mais surtout sur le traitement de la cause de l’hypocalcémie (défaut de fonctionnement des parathyroïdes ou hypoparathyroïdie, maladie intestinale).

 

Mais la spasmophilie est inconnue des Anglo-Saxons !

La spasmophilie est une pathologie plus controversée car elle n’a pas de traduction biologique. Et elle n’existe pas dans les traités médicaux anglo-saxons ! De manière caricaturale, on pourrait dire qu’il s’agit d’une tétanie à taux de calcium sanguin (calcémie) normal. La symptomatologie de la spasmophilie est extrêmement riche, associant entre eux des symptômes tels que picotements des doigts, des lèvres ou du visage, sensations de perte de connaissance, palpitations, fatigue, sensation de chaleur ou au contraire de froid, frissons ou tremblements, pointe douloureuse dans le dos ou dans la poitrine, migraines, nausées…L’origine de la spasmophilie n’est pas très documentée mais on peut la considérer comme une conséquence d’une mauvaise gestion du stress, avec une hyperventilation, c'est-à-dire une respiration très accélérée, laquelle va provoquer des désordres métaboliques, notamment une rupture de l’équilibre acido-basique du milieu plasmatique. Il se produit une alcalose, elle-même responsable de la spasmophilie et des ses manifestations.

Il n’y a pas de traitement spécifique de la spasmophilie puisque celle-ci ne correspond pas à un désordre métabolique pérenne. Lors de la crise, qui ressemble en tous points à celle de la tétanie, il est important d’aider le patient à retrouver son calme et notamment une respiration normale ; quand le patient se sait spasmophile, il demandera peut être à pouvoir expirer dans un sac, de manière à inspirer l’air qu’il vient d’expirer et qui est donc appauvri en oxygène, au profit du gaz carbonique. Ce moyen permet de rétablir l’équilibre acido-basique, donc le pH normal au bon fonctionnement de l’organisme et notamment du système neuro-musculaire. Bien entendu, cette respiration dans un sac ne doit se faire que sur un court laps de temps !

La lutte contre la spasmophilie passe par une bonne hygiène de vie, laissant du temps à la relaxation et au repos. Il est nécessaire de bien dormir bien, de manger sainement (bien respecter les 5 rations quotidiennes de fruits ou légumes), de boire assez d'eau (1,5 litre par jour), de faire du sport, d’apprendre à gérer le stress. Pour cela, le recours à des techniques de relaxation (yoga, sophrologie) peut s’avérer très utile. Et si cela ne suffit pas, la psychothérapie peut être nécessaire. Quant au magnésium (voir encadré), il peut constituer un traitement d’appoint.

 

Magnésium : les aliments qui en apportent

Les carences en magnésium sont rares, sauf en cas d’alimentation profondément déséquilibrée. Les aliments les plus riches en magnésium sont les légumes verts, les céréales et les fruits de mer ainsi que le chocolat noir. Le magnésium intervient notamment dans la transmission de l’influx nerveux, la contraction musculaire et les réactions enzymatiques. En cas de carence, les troubles les plus fréquents sont l’irritabilité neuromusculaire (spasmes et contractures). L’hypermagnésémie est très rare, elle peut se traduire par des troubles cardiaques.

Si un traitement de quelques semaines à base de magnésium peut améliorer l’état de santé d’un patient spasmophile, inutile pour autant de passer par un dosage préalable du magnésium sanguin.

Questions / Réponses

Comment gérer une crise de tétanie ?

Si le patient présente une crise typique, avec une respiration rapide, des contractures musculaires, une angoisse importante, la première chose à faire est de la rassurer et de l’isoler d’éventuels témoins.

Plus vous serez calme, moins la crise durera. Prenez la main ou les mains du patient, regardez-le dans les yeux et demandez-lui de calquer sa respiration sur la vôtre, une respiration profonde et lente. Ce n’est que si la crise dure qu’il faudra demander l’aide des secours.

En revanche, n’utilisez pas le seau d’eau et surtout ne recouvrez pas la tête du patient d’un sac en plastique, au risque de l’asphyxier.

 

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