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L'essentiel

Les maladies auto-immunes

 

Les maladies auto-immunes sont la conséquence d’un retournement du système immunitaire d’un individu contre certaines de ses propres cellules, voire contre la totalité d’un ou plusieurs organes. Peu connues sous cette dénomination savante, les maladies auto-immunes représentent pourtant la troisième cause de morbidité dans les pays développés (après les maladies cardiovasculaires et les cancers) ; on en sera moins surpris en apprenant que parmi elles se classent des maladies largement répandues comme le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde ou la sclérose en plaques.

Pourquoi le système immunitaire, qui a normalement vocation à protéger un organisme contre des corps étrangers, qu’ils soient virus ou bactéries, parasites ou cellules cancéreuses, se retournerait-il contre certains constituants de l’organisme auquel il appartient ? De nombreuses recherches sont consacrées à cette question mais aucune réponse univoque n’est actuellement disponible.

 

Gènes, hormones, facteurs environnementaux

De multiples facteurs sont incriminés, génétiques (certains gènes prédisposent à telle ou telle maladie auto-immune), hormonaux (les femmes sont plus exposées que les hommes) ou environnementaux (les ultraviolets, certains produits toxiques, voire certains médicaments), faisant de ces maladies des pathologies vraisemblablement multifactorielles.

 

On distingue deux types  de maladies auto-immunes :

  • Les maladies auto-immunes spécifiquement liées à un  organe, caractérisées par une réponse auto-immune exclusivement dirigée contre les composants de l’organe en question ; il peut ainsi s’agir de la glande thyroïde (thyroïdite), des cellules pancréatiques sécrétant l’insuline (diabète de type 1), de la myéline (sclérose en plaques), etc.
  • Les maladies auto-immunes non spécifiques d'un organe, on parle alors de maladies auto-immunes systémiques, où la réponse est dirigée contre des structures retrouvées dans l’ensemble de l’organisme ; c’est le cas de la polyarthrite rhumatoïde.

Lorsque le médecin suspecte une maladie auto-immune, il va procéder à la recherche d’auto-anticorps, c'est-à-dire des anticorps dirigés contre un constituant de l’organisme, voire contre un constituant de la cellule (auto-anticorps anti-nucléaires, auto-anticorps antiIgG tels que les facteurs rhumatoïdes…) ; ces recherches d’auto-anticorps se font à partir d’une prise de sang.

 

Stress et immunité

Un lien entre les stress quotidiens et l’immunité est fréquemment mis en avant pour expliquer la survenue de certaines maladies dont bien évidemment les maladies auto-immunes.

Selon le tempérament des individus, les stress répétés ont un impact plus ou moins important sur le système nerveux, qui lui-même interfère en permanence avec le système immunitaire. Des travaux reconnus suggèrent une plus grande fragilité des individus ayant en commun de mêmes traits de personnalité comme la soumission, l’évitement des conflits ou la répression émotionnelle. Et prolongeant un tel constat, des traitements psychothérapiques peuvent être proposés pour aider de tels patients, cancéreux ou victimes d’une maladie auto-immune, à mieux identifier et exprimer leurs émotions ; ces traitements ne remplacent évidemment pas les médicaments mais sont susceptibles d’améliorer la qualité de vie, voire de réduire les risques de rechutes.  

 

Les promesses des biothérapies

Une maladie auto-immune devient grave lorsqu’on constate l’existence de lésions compromettant le bon fonctionnement d’un organe dit noble, qu’il s’agisse du rein, du cœur ou du foie pour n’en citer que trois. Le traitement fait appel à des médicaments qui diminuent la réaction immunitaire ; on parle de médicaments à effet immunosuppresseur parmi lesquels on retrouve la cortisone, la ciclosporine (médicament anti-rejet permettant les greffes d’organe) et bien d’autres produits aux noms compliqués comme l’azathioprine ou le métotrexate.

Plus novatrices sont les biothérapies, c’est-à-dire les anticorps dits monoclonaux, le principal étant un anticorps anti-TNF alpha utilisé dans la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn ou le rhumatisme psoriasique. Le TNF (pour Tumor Necrosis Factor) est un médiateur de l’inflammation appartenant à la famille des cytokines ; sécrété par des cellules du système immunitaire, le TNF-alpha joue un rôle majeur dans la cascade des événements inflammatoires dont la résultante est la destruction tissulaire et la résorption osseuse décrites dans la polyarthrite rhumatoïde. C’est la raison pour laquelle cette maladie auto-immune a été la première à bénéficier de l’apport des anti-TNF alpha ; petit à petit, ces médicaments connaissent des extensions de leurs indications à d’autres maladies auto-immunes. Ce progrès thérapeutique indéniable doit cependant être nuancé car les anti-TNF ne sont pas sans effets indésirables ; ils peuvent notamment favoriser la survenue d’une infection sévère, voire d’une autre maladie auto-immune que celle qu’ils sont censés combattre. Enfin, le principe de précaution impose une surveillance accrue car sur le long terme, ils pourraient également favoriser la survenue de cancers.

 

Principales maladies auto-immunes

 

les maladies auto-immunes spécifiques d’organes :

  • diabète de type 1,
  • thyroïdite auto-immune,
  • hépatopathies auto-immunes,
  • myasthénie,
  • maladies bulleuses auto-immunes,
  • vitiligo,
  • uvéite auto-immune,
  • rétinite auto-immune,
  • cytopénies auto-immunes;

 

les maladies auto-immunes systémiques ou non spécifiques d’organes :

  • lupus systémique,
  • syndrome de Gougerot-Sjögren,
  • polyarthrite rhumatoïde,
  • sclérodermie,
  • polymyosite et dermato-polymyosite,
  • connectivite mixte,
  • vascularite primitive,
  • polychondrite atrophiante.

 

 

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