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L'essentiel

Le mal de dos est l’une des pathologies les plus répandues (on estime que 7 Français sur 10 en souffriront à un moment de leur vie), la cause la plus fréquente et la plus coûteuse d’absentéisme (40 à 50 milliards de dollars de coûts annuels aux Etats-Unis !). L’OMS a même estimé que les coûts directs et indirects du mal de dos étaient supérieurs à ceux des cancers ou des maladies cardiovasculaires ! Selon le niveau des lésions et des douleurs affectant la colonne vertébrale (le rachis), on parlera de cervicalgies, de dorsalgies ou de lombalgies, ces dernières étant les plus fréquentes. 

 

Torticolis, arthrose, coup du lapin.

La principale cause de cervicalgies est l’arthrose cervicale, laquelle touche préférentiellement les femmes, notamment après la ménopause. Les douleurs se manifestent au niveau de la nuque avec parfois une irradiation dans un bras ou les deux. Des troubles sensoriels existent parfois : bourdonnements d’oreille, vertiges liés à certaines postures, légers troubles de la vue, témoignant d’un ralentissement local de la circulation artérielle. Les radiographies montrent des vertèbres claires, preuve d’une faible densité osseuse, parfois tassées, avec des excroissances au niveau de leurs bords, les ostéophytes ou becs de perroquet. Le bilan biologique est habituellement normal. Le traitement est alors avant tout celui de l’ostéoporose mais le port d’une minerve peut être provisoirement nécessaire pour soulager les douleurs.

Le torticolis est également une cervicalgie mais qui est au cou ce que le lumbago est au rachis lombaire. La douleur est vive, d'apparition brutale et s'accompagne d'une attitude antalgique, c'est-à-dire d’une position soulageant la douleur. Le torticolis est le plus souvent d’origine traumatique ou inflammatoire et cède au bout de quelques jours, spontanément ou à l’aide d’un traitement anti-inflammatoire.

Le coup du lapin est également une source fréquente de cervicalgie ; il s’agit d’un conflit entre les deux premières vertèbres, l’atlas et l’axis, consécutif à un choc brutal par l’arrière, créant un mouvement d’hyper-extension du cou (le corps est propulsé vers l’avant, plus rapidement que la tête qui se trouve ainsi rejetée en arrière). L’existence de signes neurologiques fait la gravité du coup du lapin (troubles moteurs ou de la sensibilité témoignant de la souffrance de la moelle épinière).

En revanche, la hernie discale, assez peu fréquente au niveau du cou, est avec le lumbago et le syndrome du canal lombaire étroit, la principale cause de lombalgies.

 

Lombalgies, éviter la chronicisation

Les lombalgies peuvent survenir brutalement lors d’un effort, notamment de soulèvement, et s’accompagner de douleurs irradiant dans une jambe, ce qu’on appelle une sciatalgie, témoignant de la souffrance du nerf sciatique. L’enjeu devant une lombalgie est surtout d’éviter son passage à la chronicité. Pour cela, contrairement aux croyances anciennes voulant que le lombalgique reste couché jusqu’à disparition des douleurs, une mobilisation sous contrôle médical s’impose de plus en plus. Cette rééducation va avoir pour objectif de renforcer la musculature para-vertébrale, autrement dit de renforcer les haubans qui assurent la stabilité du rachis, d’apprendre à mieux se tenir et notamment à mieux se relever, en particulier lors d’efforts de soulèvement. Ceux-ci doivent se faire le dos droit et ce sont donc les jambes qu’il faut fléchir, l’effort de relèvement étant assuré par les cuisses. Et l’attitude la plus commune est aujourd’hui de laisser le lombalgique vaquer à ses occupations professionnelles en évitant simplement des activités de type manutention.

Dans 90% des cas, la lombalgie ne s’accompagne d’aucune lésion décelable à la radiographie, celle-ci n’étant donc pas indispensable chez un patient en bonne santé et dont l’examen neurologique est strictement normal. Dans d’autres cas, la radiographie permettra d’écarter un tassement vertébral ou une tumeur osseuse tandis que la biologie écartera un rhumatisme inflammatoire, notamment une spondylarthrite ankylosante.

Tous les métiers n’exposent pas au même niveau de risque de lombalgies chroniques ; les plus exposés sont ceux de la manutention, des travaux publics, des travaux agricoles ou des transports. Mais les facteurs psychologiques ne sont pas exempts de responsabilité comme en témoignent plusieurs études montrant que les métiers les plus ennuyeux s’accompagnent d’un sur-risque de lombalgie. Et de façon très schématique, on estime que les contraintes physiques sont essentiellement sources de lombalgies aigues tandis que les contraintes psychologiques (monotonie des tâches, insatisfaction professionnelle, absence de reconnaissance, carence décisionnelle, faible soutien social…) sont plutôt génératrices de lombalgies chroniques.

 

L’origine du mal

La moelle épinière n’est rien d’autre que le prolongement du cerveau ; elle-même se prolonge en nerfs. Et comme le cerveau est protégé par la boîte crânienne, la moelle est protégée par les vertèbres, empilées les unes sur les autres comme un jeu de Légo®. Entre chaque vertèbre, un disque intervertébral qui sert d’amortisseur. Au sein de chaque vertèbre, un trou central servant de canal protecteur à la moelle, et en périphérie des trous par lesquels s’échappent les racines des nerfs. La cohésion de l’ensemble est assurée par des haubans que sont les ligaments et les muscles. Que deux vertèbres se trouvent en décalage l’une par rapport à l’autre, qu’un disque intervertébral ou une vertèbre se tasse, que le canal soit trop étroit pour la moelle, et c’est le système nerveux qui souffre. D’où les douleurs ou les troubles de la motricité.

 

Quand la lombalgie devient maladie professionnelle

Selon la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), les lombalgies sont, chaque année, à l'origine d'environ 176 000 accidents de travail avec arrêt, soit 25% de l'ensemble des accidents de travail avec arrêt ! La durée moyenne de ces arrêts atteignait 50 jours en 2005.

Les lombalgies peuvent être reconnues au titre de maladie professionnelle. Depuis 1999, elles font l'objet de 4 tableaux de maladies professionnelles : les tableaux n° 97 et n° 98 du régime général, et n° 57 et n° 57 bis du régime agricole.

Questions / Réponses

J’ai une lombalgie chronique, seule les séances de kinésithérapie me font réellement du bien. Je serai prochainement à la retraite, avec de faibles moyens. Ces séances seront-elles prises en charge par l’assurance maladie ?

Dans certaines conditions, elles peuvent l’être. Ainsi, jusqu’à 15 séances programmées pour une lombalgie commune, cette prise en charge ne nécessite pas de formalité particulière. Mais si les séances sont plus nombreuses, il faudra engager une démarche dite d’entente préalable. Parlez-en à votre kinésithérapeute, il saura parfaitement vous renseigner.

Mais attention, l’assurance maladie ne rembourse que 60% de ces dépenses de kinésithérapie. Pour le reste à charge, il faudra voir si votre mutuelle accepte de vous en rembourser la totalité ou seulement une partie.

 

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