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L'essentiel

Avec déjà plus de 900 000 personnes concernées, soit 1.4% de la population globale, la maladie d’Alzheimer représente un véritable défi de santé publique pour un pays comme le nôtre, d’autant plus que les projections épidémiologiques ne sont guère rassurantes avec une estimation de 1.200.000 cas à l’horizon 2020, dans seulement 4 ans. Mais pourquoi une telle explosion de cas ? Et quels sont les signes annonciateurs de cette maladie, aussi redoutable pour celui qui en est affecté que pour son entourage ?

Si un Plan Alzheimer a été instauré en France, c’est en raison du problème médico-social que pose cette maladie devenue la première cause de dépendance et qui non seulement détruit les capacités cognitives de celui qui en est affecté mais menace la cohésion de la structure familiale et la santé du conjoint. Car devoir prendre en charge une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est un redoutable défi, tant psychologique et affectif que financier.

Décrite au début du 20e siècle par Aloïs Alzheimer, un neuropathologiste allemand, cette maladie est provoquée par un processus dégénératif du tissu cérébral caractérisé par diverses lésions dont les plus caractéristiques sont les plaques séniles (ou plaques amyloïdes) qui correspondent à l’accumulation d’une protéine anormale, dite bêta-amyloïde. Il s’ensuit un processus inflammatoire à l’origine de la destruction des neurones. Ces plaques séniles  sont essentiellement localisées dans certaines parties du cerveau, en particulier l'hippocampe.

Après 80 ans, jusqu’à une personne sur cinq !

Si cette maladie semble plus fréquente qu’autrefois, c’est en raison d’une part de l’allongement de l’espérance de vie et donc du vieillissement progressif de la population, d’autre part des progrès dans sa reconnaissance. De nombreuses démences de personnes âgées n’étaient autrefois pas étiquetées maladie d’Alzheimer ; on estimait qu’il s’agissait de démences vasculaires, consécutives à une athérosclérose importante privant le cerveau d’une oxygénation suffisante. En réalité, la maladie d’Alzheimer représente plus de 50% des démences des personnes âgées et après 80 ans, une personne sur 5 en serait affectée.

Le premier signe clinique d’une maladie d’Alzheimer est la perte de la mémoire des faits récents ; les pertes de mémoire se succèdent et s’aggravent progressivement ; de petits épisodes de désorientation surviennent, la personne atteinte ne retrouvant pas son chemin. Petit à petit, la maladie d’Alzheimer coupe les liens sociaux entre le malade et son entourage, le malade se trouve peu à peu isolé dans une sorte de bulle, sans lien affectif apparent avec les siens mais totalement dépendant d’eux.

Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer est aujourd’hui possible, l’examen des fonctions cognitives en étant le temps principal. L’amnésie des faits récents puis de faits plus anciens, des anomalies constatées dans l’exécution de tâches complexes (utiliser à bon escient un appareil électroménager par exemple), des oublis de mots courants, la non-reconnaissance d’un visage pourtant familier, tous ces troubles survenant chez une personne de plus de 65 ans sont fortement évocateurs d’une maladie d’Alzheimer. Mais quand la maladie n’en est qu’à ses tout premiers symptômes, avec de légers épisodes amnésiques répétitifs, des questionnaires spéciaux comme le Mini Mental State Evaluation, permettent aux équipes médicales spécialisées de suspecter la maladie avec une probabilité de plus de 90%. Un examen sophistiqué mais indolore, la tomographie à émission de positons (ou PET scan), permet de suivre des traceurs radioactifs injectés dans l’organisme et dont la fixation dans certaines zones cérébrales reflète l’activité de celles-ci.

 

Pas encore de traitement curatif

Les origines de la maladie demeurent mystérieuses. Certains cas ont indéniablement une composante génétique ; ainsi, il existe des familles où les cas de maladie d’Alzheimer survenant de façon précoce, avant 60 ans, sont fréquents. Mais dans les cas non familiaux, c'est-à-dire sporadiques, il existe aussi certaines anomalies génétiques qui seraient la signature d’une prédisposition à développer cette maladie, ouvrant la voie à des diagnostics très précoces permettant de mieux prévenir les dégâts cérébraux. Il existerait également quelques facteurs de risque comme les traumatismes crâniens, les épisodes dépressifs, une hypertension artérielle. A l’inverse, une alimentation riche en certaines vitamines, notamment C et E, serait (relativement) protectrice, de même que certains médicaments comme les statines (qui luttent contre l’excès de cholestérol) ou les anti-inflammatoires.

A ce jour, aucun traitement curatif n’existe. Les médecins ne disposent que de traitements symptomatiques, s’attaquant aux symptômes de la maladie mais pas à ses causes. Ils permettent ainsi d’observer de courtes rémissions avec une amélioration plus ou moins importante et longue des symptômes mais la maladie reprend inexorablement son cours. Le traitement doit également reposer sur une rééducation et des thérapies occupationnelles visant à stimuler l'attention des malades.

 

La gymnastique, aussi pour les neurones !

Si la gymnastique, c’est bon pour garder la forme physique, pourquoi ne pas appliquer ce principe au maintien des fonctions cognitives ? De fait, il serait possible de diviser par 2 le risque de développer une maladie d’Alzheimer en conservant une activité simple mais stimulant les fonctions intellectuelles comme simplement lire un journal, jouer au Scrabble ou aux échecs ou aux dames, lire des livres... Mais contrairement à une idée largement répandue, cette diminution du risque n’est imputable qu’aux activités cognitives présentes des personnes âgées ; celles pratiquées dans le passé n’auraient aucune influence sur le déclin cognitif lié à l’âge, comme en témoignent des malades célèbres tels que Jean-Jacques Servan-Schreiber ou Ronald Reagan.

Questions / Réponses

Existe-t-il des facteurs protecteurs contre la maladie d’Alzheimer ?

Il n’existe pas de moyen formel d’éviter la maladie. Toutefois, il semblerait qu’on puisse d’une part en retarder l’apparition, d’autre part en ralentir l’évolution.

Ainsi, plus on a développé ses réseaux neuronaux au cours de sa vie, plus on retarderait l’apparition des premiers symptômes si on doit effectivement développer un jour cette maladie.

D’autre part, maintenir un bon réseau vasculaire au niveau cérébral réduirait sinon le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer du moins sa rapidité d’évolution. Pour cela, il faut éviter trois maladies très néfastes pour le cerveau : l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie. Ou à défaut bien les contrôler grâce aux traitements médicamenteux très efficaces dont on dispose aujourd’hui.

 

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