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"Le libéral n'est plus attractif" : à 45 ans, ce généraliste devient "employé communal" d'un village de 2000 habitants

les lourdeurs administratives et les charges inhérentes à l’activité libérale. "Les week-ends, je ne connaissais pas, confie-t-il. Aujourd’hui, exercer en libéral est très pénalisant. Ce n’est pas compatible avec une vie normale."

"Les jeunes médecins ont aussi envie d’avoir une vie. Quand ils sont dans un centre de santé, ils peuvent prendre des congés. Mon fils, quand il veut prendre des vacances, il faut qu’il trouve un remplaçant. C’est la croix et la bannière. Pour donner satisfaction à sa patientèle, ça lui coûte pratiquement de l’argent", soutient le maire d’Amblainville, Joël Vasquez, selon qui, le salariat est le choix de la nouvelle génération.

 

"L’activité vous contraint à shunter les étapes"

A force d’accumuler les heures, le risque de commettre des erreurs est particulièrement élevé, soulève également le Dr Régeasse, embauché sur une base de 35 heures par semaine par la mairie. "En libéral, vous êtes parasité par le travail administratif. Ce temps-là s’ajoute à la pratique médicale. Or, être médecin est un métier à responsabilités, pour lequel il faut vraiment être concentré, ne pas être dérangé par ce genre de choses. Finalement, on finit par accumuler les heures et se retrouver à plus de 60 heures par semaine ou à finir à minuit. C’est inhumain. On travaille pour vivre, pas l’inverse."

"Vous prenez des risques lorsque vous êtes fatigué, vous vous exposez à des accidents d’exposition au sang par exemple, vous pouvez commettre des erreurs, non pas parce que vous avez un manque de connaissances mais parce que vous êtes fatigué. L’activité libérale vous contraint à aller vite, à sauter les étapes. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi. Il s’agit de la santé des gens que l’on a entre nos mains. Le salariat peut offrir cette possibilité d’exercer votre métier en respectant les règles de l’art", prône-t-il, convaincu.Et il semble que les habitants en soient, eux aussi, satisfaits. En témoigne la vitesse à laquelle les rendez-vous ouverts ont trouvé preneurs. "Dès qu’on a ouvert Doctolib, on a été pris d’assaut, se réjouit le maire. Le Dr Régeasse a trois semaines d’avance dans les rendez-vous. C’est fou." Face à ce succès, l’élu entend salarier un deuxième praticien pour étoffer l’offre médicale. D’autant que la ville "est en pleine expansion", avec "160 lots d’appartements qui devraient sortir de terre fin 2022, début 2023", portant la population d’Amblainville à 2.400 d’ici 2025-2030, selon les documents d’urbanisme.

La commune aimerait également embaucher une secrétaire médicale si le centre municipal de santé parvient à accueillir un nouveau médecin. A l’heure actuelle, la prise de rendez-vous se fait via Doctolib, et une secrétaire de la mairie se charge de prendre les rendez-vous pour les personnes isolées ou âgées qui n’ont pas accès à l’agenda en ligne. De sorte que sur ses 35 heures de travail, le Dr Régeasse ne fait "que de la médecine", vante Joël Vasquez.

 

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