Décoré de la Légion d'honneur à 80 ans : les confidences d'un médecin de campagne resté au chevet de ses patients pendant le Covid | egora.fr
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Décoré de la Légion d'honneur à 80 ans : les confidences d'un médecin de campagne resté au chevet de ses patients pendant le Covid

vais auprès de mes patients pour les examiner et décider du traitement.”

Si bon nombre de ses confrères et des personnes qu’il a soignées le jugent courageux, Alain Branchereau conteste ce qualificatif élogieux. “Quand on dit à mon épouse que je suis courageux, elle leur répond ‘Il n’est pas du tout courageux, c’est parce que ça lui plaît !’ Et elle a entièrement raison, pouffe le généraliste. Pour moi, c’est un bonheur de travailler, de continuer à être en relation avec mes patients, de pouvoir les aider.”

Depuis fin avril, il utilise d’ailleurs un traitement qu’il juge “très efficace”, à base notamment d'azithromycine, de zin, d'anticoagulants, loué par son confrère, le Dr Jean-Jacques Erbstein, dans un article du journal local, l’Est républicain, et menacé de poursuites par l’Ordre. “J’ai eu des résultats remarquables”, assure le Dr Branchereau qui indique n’avoir eu à déplorer aucun décès et aucune hospitalisation sur les quelque 80 patients Covid qu’il a été amené à soigner jusqu’ici.

“En manque de soins”

Si on l’imagine difficilement faire autre chose que de soigner, le praticien avait pourtant pris sa retraite en 1998, bénéficiant d'une mesure d’incitation à la cessation d’activité (MICA). “J'ai pris le MICA parce que j’avais eu des problèmes de santé. J’avais déjà été hospitalisé deux fois pour avoir des stents. Et puis, j’avais une grosse patientèle, c’était très fatiguant.” Pendant dix ans, il avait quand même continué à travailler à mi-temps à la mairie de Nancy dans le social au Centre communal d’action social (CCAS) et avait même obtenu un certificat de gérontologie.

Mais en 2009, quand le Gouvernement a fait marche-arrière voyant le nombre de généralistes chuter et s’est décidé à autoriser les médecins retraités à se réinstaller, le Dr Branchereau “en manque de médecine de soins”, a saisi l’occasion. Après 30 ans passés en ville, en banlieue nancéienne, dix ans au CCAS et plusieurs stages de remise à niveau, cet éternel infatigable a donc ouvert son cabinet dans la vieille ferme qu’il a fait retaper à l’ancienne.

Les années ont passé mais rien n’a véritablement changé. Et le Dr Branchereau n’envisage pas de remettre la blouse au placard de sitôt. “J’espère continuer encore au moins cinq ans, explique-t-il, la voix pleine de vivacité. Je me sens bien physiquement, et apparemment intellectuellement tout va bien aussi (rires).”

 

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