Décoré de la Légion d'honneur à 80 ans : les confidences d'un médecin de campagne resté au chevet de ses patients pendant le Covid | egora.fr
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Décoré de la Légion d'honneur à 80 ans : les confidences d'un médecin de campagne resté au chevet de ses patients pendant le Covid

je pensais que je faisais mon travail du mieux possible, évidemment, mais que ça ne justifiait pas la Légion d'honneur à côté de véritables héros.”

Lorsqu’il reçut en juin dernier une relance de la préfecture, le médecin s’était décidé à accepter. “En février, quand j’avais décliné la proposition, mes petits-enfants avaient été absolument dépités”, se rappelle-t-il. Sans nouvelles depuis, le médecin pensait donc que l’histoire était tombée à l’eau. Il n’avait d’ailleurs pas cherché à en savoir plus. Lui, travailler pour les honneurs ? “Quand on me connait, on sait que c’est pas du tout le cas !” Au premier jour de cette nouvelle année, le vieux médecin a donc appris la nouvelle par un ami.

“Image idéalisée du médecin”

Fils d’une pharmacienne, Alain Branchereau a toujours rêvé de faire de la médecine générale, pour l’amour des autres avant tout, et pour la diversité des pathologies abordées. Le jeune homme a grandi avec l’image d’un oncle, le Dr Charle, mort à Dachau, en Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale après avoir soigné des résistants. “J’entendais toujours parler de lui par ma grand-mère maternelle. Pour moi, ça a donné une image idéalisée du médecin. Il avait aussi caché des résistants et il ne s’était pas posé de questions.”

C’est avec la même évidence que le médecin de campagne, diplômé de la faculté de Nancy à la fin des années 60, a continué d’assurer ses consultations et ses visites à domicile lors de l’épidémie de Covid-19, malgré son âge avancé. Au grand dam de ses proches. “T’es vraiment con”, lui ont lancé certains de mes amis. Pas de quoi le faire changer d’avis. “Je n'ai jamais fait que ce que je voulais dans ma vie, donc je n’ai écouté personne”, ricane le nancéien d’origine, qui ajoute : “Ça me paraissait être mon devoir, comme disait ma grand-mère.”

Appréhendait-il tout de même d’exercer dans ces conditions inédites ? “Je peux pas dire que j’ai été inquiet. Ce n'est pas ma nature. Je savais que je risquais quelque chose”, avoue-t-il, assurant avoir été très prévoyant en gardant des masques, des blouses et du gel hydroalcoolique datant de la précédente grosse épidémie de grippe. Le risque en tête, cela ne l’a pas empêché de se rendre au chevet des malades du Covid. “J’ai pris les choses en charge complètement, c’est-à-dire que je ne conçois pas que l’on traite un malade Covid par téléphone. Moi, je...

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