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Journal de bord d'un réanimateur: "Je me suis dit que je ne voulais plus mettre les pieds en unité Covid"

En première ligne pour traiter les patients atteints par le Covid-19, un anesthésiste-réanimateur livre chaque semaine pour l'AFP, sous couvert d'anonymat, son journal de la crise sanitaire depuis son hôpital de région parisienne. Alors que la décrue s'amorce, dernier témoignage hebdomadaire et premier bilan de la deuxième vague.

"La deuxième vague commence à prendre fin. Comme au printemps, nous faisons petit à petit marche arrière. Nous avons fermé en début de semaine dernière une de nos unités de réanimation Covid. Nous en fermons une nouvelle cette semaine. Il n'en restera plus qu'une seule que nous allons garder encore plusieurs semaines, le temps de voir ce qu'il se passe

En quoi cette deuxième vague aura-t-elle été différente ?

Nous avons déprogrammé massivement mais sur un temps assez court. Cela a souvent été très mal compris par les patients et les chirurgiens mais il n'y avait pas d'alternative. Probablement plus des problèmes liés à un défaut d'anticipation que des critiques sur le principe même de la déprogrammation.

Les patients se sont souvent sentis délaissés par un hôpital public lui-même en souffrance. Il y a très certainement des progrès à faire à différents niveaux si la situation devait se produire à nouveau.

Nous avons pu améliorer la prise en charge de certains patients et de leurs proches. La semaine dernière encore, nous avons pu faire sortir un jeune patient de réanimation Covid sans qu'il ait été intubé. Peut-être qu'au printemps dernier, sa prise en charge aurait été différente et qu'il aurait eu une hospitalisation en réanimation beaucoup plus longue. Une petite victoire en soi.

Les proches, eux aussi, ont probablement été mieux pris en charge, il me semble. Les visites ont été autorisées quasiment dès le début, au moins dans les secteurs de réanimation. Il me semble que de nombreuses familles ont pu accompagner leur proche jusqu'au dernier souffle, chose impensable il y a encore quelques mois.

Nous avons tenté d'éviter les scènes dramatiques d'adieux au travers d'un cercueil scellé comme c'était le cas il y a encore peu de temps. Je ne sais pas si cela était vraiment 'autorisé', mais j'ai permis cette semaine à l'épouse d'un patient mourant, atteinte elle-même du Covid, de venir auprès de lui pour lui dire au revoir. Elle n'avait que lui...

 

Impuissance insupportable 

Néanmoins, cette deuxième vague a été hautement douloureuse par ailleurs.

Pour bon nombre de patients, nous...

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