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"Mon frère était mort pendu depuis la veille": récits d'humiliations d'étudiants en santé

"Je me suis cachée plusieurs fois dans les toilettes pour pleurer"

Etudiante en médecine

J'espère ne jamais devenir comme eux - Je suis actuellement en quatrième année de médecine. Lors de mon premier stage de chirurgie, nous arrivons le premier jour mais la régie de l’hôpital était fermée. Il nous était donc impossible d’avoir une blouse. Nous avons donc pris une blouse de papier et on m’a dit d’aller en consultation. J’arrive en bas et je tombe sur une femme chirurgien qui me dit avec un ton assez méchant : "Tu te crois où, là ?"

Un peu étonnée, je lui explique l’histoire de la régie et de la blouse, etc. Et puis encore : "Tu te crois où, là ? On est pas je ne sais pas où, là !"

Puis, elle continue à me dire avec les yeux écarquillés : "Tu te crois où, là".

Ne voyant pas de solution, je tourne les talons pour remonter dans le service mais elle me dit : "Tu vas où, là ?"

Je réponds : "J’ai cru que vous m’aviez renvoyée donc je m’apprêtais à remonter dans le service."

Elle répond : "Mais si ça t’intéresse pas, tu peux t’en aller, moi j'ai pas besoin de toi, tu sais."

Encore plus étonnée par sa froideur, je la suis et elle me trouve une blouse d’infirmière. Pendant que je m’habillais, elle me répétait sans cesse : "Mais tu sais, tu peux partir, moi je m’en fous, j'ai pas besoin de toi, je peux me débrouiller sans toi."

Je commençais à avoir les larmes qui me montaient aux yeux. (…)

Quelques semaines plus tard, nous étions au bloc et elle venait de sortir une nouvelle boîte à instruments qui était posée sur le patient. Elle la soulève, me la donne pour que je la range sur la table mais il n’y avait plus de place car il y avait déjà des instruments partout. Comme j’étais occupée à faire un truc urgent, j’ai reposé la boîte sur le patient en attendant. Elle prend la boîte, la lance sur la table brutalement en renversant tous les outils – en plus, c’est dangereux, y’a des scalpels qui ont volé – et elle gueule : "Putain ! La prochaine fois que je te dis d’poser un truc, tu l’poses !!! J’ai pas qu’ça à faire moi !"

Une fois à la visite, une de mes co-stagiaires était avec elle. Elle ouvre les dossiers pour vérifier nos observations. Elle lui dit : "Apyrétique… ça veut dire quoi ça apyrétique ?" Ma co-stagiaire répond : "Bah, ça veut dire qu’il a pas de fièvre"..

Elle lui dit : "Ah oui ? T’es sûre ? Tu viens de m’apprendre un truc là… Heureusement que t’es là ! ça veut rien dire ça ! De toute façon, vous comprenez rien à ce que vous marquez dans les dossiers. Et puis, tu prends tes notes sur la feuille de staff ?! C’est stupide ça ! Je me demande pourquoi vous faites toujours cette chose stupide."

Il y avait aussi notre chef de clinique, pas franchement sympa non plus. Une fois au bloc opératoire, elle ouvre un dossier d’un patient et je m’approche pour lire avec elle – mais j’étais pas du tout collée à elle non plus – elle dit : "Par contre là, j’ai besoin d’air…", en agitant sa main avec mépris.

Une autre fois à la visite, je sors d’une chambre et tout le monde était agglutiné autour du chariot. J’avance un peu pour ne pas gêner et elle me dit : "Tu sais, normalement, c’est pas les chefs qui poussent les chariots." Ça m’a abasourdie de méchanceté et je lui ai répondu : "C’est toi qui l’as poussé le chariot."

Je me suis cachée plusieurs fois dans les toilettes pour pleurer. La première fournée d’internes qu’on a eu ne nous disait jamais bonjour et ne nous regardait jamais dans les yeux. On n’avait pas l’impression d’exister à leurs yeux. On était bons qu’à bosser comme des petites fourmis. Une bonne journée, c’était une journée où on ne s’était pas fait gueuler dessus.

Une de mes amies qui est passée dans ce stage m’a raconté qu’elle était sortie du bloc un jour en disant" Bon courage" et qu’elle lui avait répondu : "Par contre moi, je suis pas la femme de chambre, tu me dis pas bon courage."

Elle ne nous disait jamais bonjour et ne nous regardait jamais dans les yeux. Elle nous a accueillis le premier jour en nous disant : "En chirurgie, faut montrer que vous êtes motivés, sinon on vous apprendra rien."

Une fois, dans un couloir je l’ai entendu dire à une interne : "On s’est tellement fait taper dessus que maintenant on est durs."

 

 

"T’as intérêt à changer d’attitude, gamine !"

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