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Moins rembourser les malades refusant les génériques : patients, médecins et pharmaciens disent "non"

"Système stupide", "politique punitive"... A partir de 2020, selon le projet de budget de la Sécurité sociale, un patient refusant un médicament générique sans justification médicale sera moins remboursé, une mesure jugée "contre-productive" aussi bien par les associations de malades que par les syndicats de médecins et de pharmaciens.

 

Comme ses prédécesseurs, le projet de budget de la sécurité sociale pour 2019 mise sur la promotion des génériques pour réaliser une partie des 3,8 milliards d'euros d'économies demandés à la santé. Le recours à ces médicaments, en moyenne 30% moins chers que les princeps représente "un geste citoyen", selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn, permettant à la Sécu de financer d'autres traitements innovants.

Mais il "est encore relativement limité" en France, "de l'ordre de 36% en volume en 2016", alors qu'"il dépasse les 80%" en Allemagne et au Royaume-Uni, selon l'article 43 du texte examiné depuis mardi par les députés. Et ce en dépit des multiples campagnes nationales d'information, du dispositif tiers payant (dispense d'avance de frais) contre génériques, ou encore des incitations financières pour les pharmaciens et les médecins.

A partir de 2020, les patients qui refuseront un générique en pharmacie sans justification médicale ne seront donc plus remboursés sur la base du prix du princeps mais sur celui du générique le plus cher. Ils devront "mettre de leur poche" s'ils souhaitent une marque, avait expliqué la ministre en septembre.

De quoi hérisser l'organisation France Assos Santé, qui représente 80 associations de patients. Alors que les professionnels de santé sont rétribués pour promouvoir les génériques, les malades sont eux "sanctionnés" s'indigne l'organisme, dénonçant "une insupportable logique du 'deux poids, deux mesures'". Cette "nouvelle punition" ne fera "qu'alimenter les doutes sur" ces médicaments et se révélera "inégalitaire" et "contre-productive", prévient l'organisation, par ailleurs favorable aux génériques.

Parallèlement, une deuxième mesure vise à limiter le recours de plus en plus fréquent à la mention "non substituable" sur les ordonnances.  Les médecins devront justifier cette mention figurant sur plus de 8% des ordonnances, par des "critères médicaux objectifs", définis avec...

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