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Médicament de la mort ou passeport vers "l'ultime liberté" : rencontre avec les clandestins du pentobarbital

Après la saisie 130 flacons de pentobarbital lors d’une opération de police ayant mobilisé plus de 300 officiers à travers toute la France le 15 octobre dernier, des utilisateurs témoignent de leurs choix d’acheter ce produit, en toute illégalité.

 

“Je ne veux pas finir à l'hôpital comme un légume. Ça me désole de ne plus avoir mes bouteilles", soupire Danielle, 71 ans. Elle fait partie des militants pro-euthanasie visés mi-octobre par une vaste saisie de pentobarbital, puissant barbiturique interdit en France mais utilisé pour l'aide au suicide. 

Le 15 octobre, plus de cent perquisitions sont menées à travers l'Hexagone par la gendarmerie. Elles aboutissent à la saisie de 130 flacons d'un produit suspecté d'être du pentobarbital. Déclencheur de l'enquête, ouverte fin juillet : la transmission par les autorités américaines d'une liste de Français destinataires de colis pouvant contenir cet anesthésiant, bien connu des partisans du suicide assisté.

Danielle, qui vit en région parisienne, en a acheté clandestinement deux flacons sur internet "pour 650 euros", sept mois auparavant. Elle n'est pas malade mais veut pouvoir choisir sa mort en buvant le produit si elle le juge nécessaire : "C'est mon droit, mon corps". "J'ai vu des gens de ma famille partir d'un cancer. Je ne veux pas traîner comme un légume, embêter mes enfants", assure à l'AFP la septuagénaire, qui réclame l'anonymat. "Quand j'avais ces bouteilles, j'étais bien, je n'avais plus cette angoisse de la fin de vie."

Comme d'autres particuliers visés par l'enquête, Danielle appartient à l'association Ultime Liberté, dont le siège, en Haute-Marne, a également été perquisitionné. L'association revendique 2.700 adhérents. "Ce sont des personnes au niveau socio-culturel souvent élevé, qui n'ont jamais subi leur vie et ne veulent pas se soumettre à qui que ce soit pour leur mort", affirme à l'AFP sa présidente, Claude Hury. 

Lui aussi adhérent, Christian Meriot, 85 ans, se définit comme "un libertaire, un libre-penseur". Le 15 octobre, à 06h00 du matin, trois gendarmes sonnent à sa porte...

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