"Quand je fais l'amour à mon mari, je pense à mon idole" : dans la tête des fans | egora.fr
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"Quand je fais l'amour à mon mari, je pense à mon idole" : dans la tête des fans

"Docteur, je n'arrête pas de pleurer. C'est à cause de la mort de Johnny." Après la mort de leur idole, de nombreux fans ont réagi comme s'ils avaient perdu un proche. Le Dr Clément Guillet, psychiatre, journaliste et auteur de "Sociologie du fan", apporte un éclairage médical sur ces réactions parfois démesurées, mais profondément humaines.

 

 

Egora.fr : Quel regard portez-vous sur les réactions des fans de Johnny après le décès de leur idole ?

Dr Clément Guillet : On a vu des centaines de milliers de personnes sur les Champs-Elysées. Les fans, évidemment, sont les plus fervents. Mais beaucoup de gens, dans le public, qui écoutaient de la chanson française ont été touchés. Il y a de la nostalgie. Johnny les avait accompagnés pendant 50 ans, il faisait partie du paysage et c'est un peu de la jeunesse d'une grande partie du public qui part avec lui. Concernant les fans plus particulièrement, certains construisent des relations particulières avec des célébrités médiatiques. Même s'ils ne les ont jamais vues, même si ce n'est pas un proche. Il y a des gens qui sont tellement médiatisés -et les fans vont chercher de l'information- que cela crée des interactions qu'on appelle para-sociales.

Cela peut créer des sentiments quasiment aussi forts que ceux que l'on peut éprouver à l'égard de personnes que l'on côtoie dans la vie de tous les jours. Des sensations de rejet, d'empathie, parfois d'amitié. Certains l'ont dit : "Johnny, c'était mon ami". Ça peut même aller plus loin, avec des sentiments amoureux. A propos d'un chanteur américain, il y a une femme qui disait "Quand je fais l'amour à mon mari, je pense à Barry Manilow", un crooner américain. Ça peut donc aller très loin. Perdre quelqu'un qui a occupé le devant de la scène médiatique pendant 50 ans, ça peut toucher un peu tout le monde ; et si on a développé ce genre de sentiment, ça peut prendre l'aspect d'un deuil.

 

Peut-on vraiment parler d'un deuil, au même titre que pour un proche ?

Je pense que ce n'est pas aussi grave. J'ai des copains urgentistes qui ont dit "Attention, il va y avoir une pluie de suicides"...

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