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"Non Monsieur le ministre, les terroristes ne sont pas des fous"

la prévention de la radicalisation, nous considérons qu'à peu près un tiers des personnes présentent des troubles psychologiques" explique-t-il pour justifier cette mesure. Pourtant la plupart des études ne retrouvent pas de liens entre psychiatrie et terrorisme. Marc Sageman, psychiatre, spécialiste du terrorisme auprès de la CIA, a étudié les djihadistes durant plusieurs années. Dans son ouvrage de référence, Le vrai visage du terrorisme, il analyse le profil d'une centaine d'entre eux. Sa conclusion : on ne retrouve pas plus de pathologies psychiatriques chez eux que dans la population générale. D'autres études de plus grande ampleur vont dans le même sens : le plus grand échantillon connu est celui d'une étude anglaise étudiant près de 3700 jeunes. Les auteurs ne retrouvent pas plus de patients psychiatriques chez les jeunes radicalisés. Une chose est sûre : les terroristes ne sont pas fous et l'hôpital psychiatrique ne forme pas les futurs djihadistes.

 

Psychophobie

 

Certains articles scientifiques,affinent l'analyse. Si les individus qui agissent seuls, les fameux "loups solitaires",  présenteraient plus de troubles psychiatriques, les groupes organisés - comme ceux qui ont agi lors des attentats planifiés de Barcelone ou de Paris – ont moins de troubles psychiatriques que la moyenne. (cf. schéma). L'article conclut : "plus les individus sont isolés en terme de complice ou de réseau, plus ils sont à risque d'avoir aussi des problèmes de santé mentale. Alors que ceux qui prennent part à des actions groupées, présentent moins de pathologies mentales qu'on pourrait attendre dans la population générale. Il semble y avoir un mécanisme de sélection." 

Ce que rappelle un éditorial du BMJ :  "les groupes et réseaux terroristes évitent de recruter parmi les personnes avec des pathologies mentales, probablement car ils partagent  avec la société, la même vision stigmatisante,  voyant ces patients comme peu dignes de confiance, difficiles à entraîner et comme une menace pour leur sécurité." La psychophobie : voilà au moins une valeur que...

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