Vaccination contre le Covid : les résultats d'une enquête sur les doutes des médecins

08/01/2021 Par S. B.
Santé publique
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé (Drees) vient de publier une étude sur l’opinion des médecins généralistes sur les vaccins contre le Covid-19. Ainsi en octobre-novembre 2020, la plupart des médecins généralistes déclarent avoir adapté leurs conditions d’exercice au contexte de crise sanitaire et se disent a priori majoritairement favorables à la vaccination.

  Trois médecins généralistes sur quatre accepteraient a priori de se faire vacciner contre la Covid-19 et de recommander le vaccin à leurs patients. Ainsi à la question, "Si un vaccin était disponible, accepteriez-vous de vous faire vacciner contre la Covid-19 ?", 3 médecins sur 4 répondent oui (certainement : 47 %, probablement : 29 %) ; 1 sur 10 répond non (probablement pas 6 %, certainement pas 5 %) et les autres ne se prononcent pas (14 %).

Ils recommanderaient le vaccin à leurs patients à peu près dans les mêmes proportions : 79 % s’y déclarent favorables, 15 % ne savent pas quelle serait leur attitude et 6 % ne le conseilleraient pas. Près de la moitié des médecins se disent confiants dans la sécurité qu’offrent les futurs vaccins contre le Covid. Toutefois, 45 % des médecins sont d'accord pour dire qu’un vaccin développé dans l’urgence, lors d’une épidémie, n’offre pas de garanties suffisantes de sécurité.

Aucune association n’a été observée entre les réponses à cette question et l’âge, le genre ou le volume d’activité des médecins, suggérant que toutes les catégories de médecins généralistes partagent des réserves sur la sécurité de nouveaux vaccins. Même si la question n’a pas été posée en ces termes dans les études en population générale, les craintes vis-à-vis de la sécurité des futurs vaccins contre la Covid-19 constituent le premier motif avancé par plus de 6 personnes sur 10 les refusant.

La confiance dans la science pour développer des vaccins sûrs et efficaces est un constat partagé par 96 % des médecins (37 % sont très confiants et 59 % plutôt). 1 médecin généraliste sur 3 hésite à recommander certains vaccins aux adultes à risque. En ce qui concerne les patients malades chroniques et ceux âgés de 65 ans et plus, 3 médecins sur 4 ont déclaré ne jamais hésiter à leur recommander un vaccin du calendrier officiel. Les médecins généralistes ayant un volume d’activité élevé sont plus nombreux à ne jamais hésiter à recommander la vaccination aux adultes à risque (72 %, contre 56 % chez ceux avec un volume d’activité plus faible). Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette hésitation : la perception que certains vaccins (notamment celui contre la grippe saisonnière) ne seraient pas assez efficaces et la difficulté à motiver des patients eux-mêmes réticents ou hésitants vis-à-vis de certains vaccins.

La fréquence de l’hésitation à se vacciner ou à recommander ces vaccins contre la Covid-19 est beaucoup plus élevée (42 %) chez les médecins généralistes ayant des doutes sur la sécurité des vaccins développés dans l’urgence que chez ceux n’en ayant pas (7 %). Les analyses montrent également que les médecins qui pensent que l’épidémie est grave ont significativement moins souvent d’hésitations ou de réticences par rapport à la vaccination. Enfin, les résultats mettent en avant le rôle significatif de facteurs plus structurels, comme l’hésitation générale de certains médecins à recommander des vaccins aux adultes à risque, ou leurs comportements de vaccination contre la grippe saisonnière lors de la saison 2019-2020 (15 % des médecins généralistes en France ne se sont pas fait vacciner). Tout comme ceux qui accepteraient de se faire vacciner, trois médecins sur quatre font confiance au ministère de la Santé pour assurer la sécurité des vaccins quand moins de deux sur dix ne le font pas. Cette confiance est plus marquée chez les médecins généralistes ayant un volume de consultations élevé que chez ceux ayant un nombre de consultations faible. Cette enquête a été menée par internet et par téléphone entre le 6 octobre et le 15 novembre 2020 auprès de 1.200 médecins. D'autres études menées en Belgique francophone auprès de médecins généralistes et au Québec auprès d'infirmières montrent des résultats comparables à ce qui est observé en France, indique la Drees.

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