A Marseille, les pompiers explorent les égouts à la recherche de traces du Covid | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

A Marseille, les pompiers explorent les égouts à la recherche de traces du Covid

A Marseille, les marins-pompiers analysent depuis plusieurs semaines les eaux usées pour localiser les malades qui s'ignorent. La méthode a permis, selon eux, d'éviter l'apparition de clusters dans plusieurs Ehpad.

Depuis la première vague, un réseau de surveillance se met en place discrètement en France sous terre. Car le coronavirus peut être détecté dans les selles quatre à sept jours avant l'apparition des symptômes. A Marseille, le contre-amiral Patrick Augier, qui dirige le bataillon de marins-pompiers, s'en souvient bien: c'est le 24 juillet que ses hommes ont décelé des traces du virus dans les eaux usées, avant que la reprise de l'épidémie ne soit clairement visible.

Forts de ces observations, les marins-pompiers ont décidé d'aller plus loin et d'utiliser les égouts pour tenter de cartographier le virus dans la deuxième ville de France. "Tous les jours, on prélève dans deux collecteurs. Et toutes les semaines, on découpe la ville en 11 morceaux. On déclenche ensuite nos barnums pour tester les gens dans les endroits qui ressortent rouges", explique Patrick Augier. C'est "une guerre de mouvement, il faut tout le temps revoir sa stratégie et essayer d'aller chercher les cas positifs où ils sont", ajoute-t-il.

En parallèle, un dispositif spécifique est mis en place pour une centaine d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et d'établissements médico-sociaux où les pompiers se rendent chaque semaine pour analyser les eaux usées. Dès qu'ils y décèlent des traces du Covid-19, ils déclenchent des tests de surface et de détection chez le personnel et les résidents. Ils ont ainsi pu par exemple isoler immédiatement un unique pensionnaire positif dans un de ces établissements.

Ces dernières semaines, "on est monté jusqu'à 34 Ehpad positifs mais il n'y a eu au final aucun cluster et 19 sont revenus à la normale", insiste Younes Lazrak, président et cofondateur de la start-up C4Diagnostics, qui analyse les échantillons pour les pompiers. Avec cette stratégie, "on arrive à isoler les personnes très rapidement. Et si on la couple avec de la décontamination du lieu, on déplore un à deux cas, mais pas 50", ajoute-t-il.

 

"Attention aux biais"

L'exemple marseillais est "une très bonne idée", juge le professeur Vincent Maréchal, virologue à Sorbonne Université (Paris), mais "attention aux biais", insiste-t-il. Par exemple, un certain nombre de résidents des Ehpad sont incontinents, donc...

1 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…