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Covid-19 : des médecins malades témoignent de leur interminable parcours

250.000 Britanniques pourraient souffrir de Covid persistant. Il juge cette maladie "encore plus bizarre" que les maladies auto-immunes rares comme le lupus, qui présente des manifestations très variées, qu'il étudiait quand il était rhumatologue. "Certains personnes ont juste des problèmes de peau, d'autres ont de la diarrhée et des douleurs dans la poitrine, c'est vraiment très inhabituel".

Des groupes de soutien rassemblent des milliers de personnes sur les réseaux sociaux et des mots-clés ont émergé dans plusieurs langues, comme les #apresJ20 et #apresJ60 en français. Beaucoup disent avoir du mal à se faire entendre du corps médical, en particulier ceux tombés malades au début de l'épidémie, lorsque peu de tests étaient réalisés, et qui n'ont donc pas de preuve médicale de leur infection.

Même en tant que médecin, Jenny Judge confie avoir affronté du scepticisme à l'hôpital. Un médecin lui a ainsi suggéré que son rythme cardiaque élevé pouvait être dû à l'anxiété. Elle l'explique en partie par le fait que les médecins hospitaliers commencent seulement à voir arriver ces patients, dont les symptômes n'étaient jusqu'ici pas considérés comme assez graves pour justifier un suivi à l'hôpital.

Mais cette femme de 48 ans, sans antécédents médicaux, y voit aussi une part de déni. "Si vous acceptez qu'une personne qui vous ressemble, qui est médecin, qui a pris toutes les précautions, est encore malade après plus de 100 jours, c'est que ça pourrait être vous", pointe-t-elle.

La situation s'améliore toutefois, à mesure que des études se penchent sur le sujet et qu'un nombre croissant de personnes témoignent de leur parcours. 

Paul Garner, professeur d'infectiologie à la Liverpool School of Tropical Medicine, a commencé à écrire un blog dans le British Medical Journal, frustré de constater qu'il était encore malade au bout d'un mois, alors que les informations officielles parlaient de symptômes durant deux semaines.

Il a souffert de maux de tête atroces, de souffle court, de fourmillements dans les membres et a une fois crû perdre conscience : "j'ai pensé que j'étais en train de mourir, c'était effrayant à ce point". Le plus dur à supporter a été la confusion et les changements d'humeur, explique ce médecin de 64 ans jusqu'ici en bonne santé.

Il a eu plusieurs fois de faux espoirs, comme au jour 45 de sa maladie où, se sentant mieux depuis quelques jours, il décida de faire du sport chez lui. "Patatras! Le lundi: "me suis senti mal fichu toute la journée, conséquence de l'entraînement"", dit-il dans son journal.

En s'appuyant sur la littérature scientifique traitant du syndrome de fatigue chronique, il a élaboré une routine alternant efforts légers et repos. Interrogé au jour 96 de sa maladie, il évoque une amélioration progressive mais s'inquiète que les personnes vulnérables puissent subir des pressions pour reprendre le travail avant d'y être prêtes.

On ne sait pas encore si...

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