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Être jeune nuit-il gravement à la santé ?

Le 16 octobre dernier, les professionnels de la santé et le secrétaire d’État chargé de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, se sont questionnés sur l’état de santé des jeunes.

 

La précarité et le manque d’informations détournent des soins les moins de 30 ans. Pour dresser un état des lieux et avancer des solutions, se sont tenues, le 16 octobre dernier, les Rencontres prévention santé, organisées par la Fondation Ramsay Santé, à Paris.

« La jeunesse, c’est l’âge des possibles, une période pendant laquelle on oublie qu’il faut prendre soin de son corps. » C’est ainsi que Gabriel Attal, secrétaire d’État chargé de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, a lancé la journée de réflexion : « Les jeunes malmènent leur corps [...] et un tiers d’entre eux a des problèmes de masse corporelle. » Avec la prise en charge des difficultés psychologiques, la lutte contre l’obésité est l’une des priorités pour Pascal Roché, directeur général de Ramsay Santé : « On a tenu bon en France, mais les chiffres continuent à dériver et quand on voit l’impact de l’obésité sur la santé, il est urgent d’agir. » D’autant plus, explique le Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre, que l’obésité est plus difficile à soigner que l’anorexie. « L’anorexie, c’est un combat de contrôle total alors que l'obésité, c’est une défaite. » Une défaite face au regard de l’autre, face à une société dans laquelle la maigreur est plus acceptée que le surpoids, continue le pédopsychiatre. 

 

Premières attentes : santé sexuelle et hygiène

Pour autant, « quand on parle santé avec les moins de 30 ans, ajoute Axel Dauchez, président de make.org, leurs premières attentes concernent la santé sexuelle et l’hygiène ». Une conclusion qui résulte d’une consultation citoyenne des 16-30 ans, réalisée par la plateforme entre mai et juillet derniers, et à laquelle les 52 300 participants (73% de femmes) ont formulé environ 700 propositions. Dont plus d’écoute, de gratuité, de sensibilisation et de prévention, notamment contre le harcèlement ou les maladies sexuellement transmissibles (MST).

La gratuité des protections périodiques est l’une des plus fortes demandes. « Quand on manque de ressources, le coût des règles peut être très problématique, explique Pauline Raufaste, présidente de La Mutuelle des étudiants (LMDE). On sait aujourd’hui que les règles ont un impact direct sur les études des femmes, surtout pour les plus précaires. À cette précarité mensuelle peuvent s’ajouter des problèmes de santé chronique comme l’endométriose. Et quand on manque de moyens, la consultation médicale ou la souscription à une mutuelle passent à la trappe. »

La précarité demeure un enjeu de santé publique, souligne Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire chargée des questions santé : « Ils ne mangent pas bien faute de ressources financières et ne consultent pas pour les MST faute de connaissances sur ce sujet. Sur le long terme, c’est dramatique. » Pour y répondre, Pauline Raufaste propose de mettre en place de centres de santé sur les plus gros campus. « Aujourd’hui, on fait des campagnes de prévention sur le mal-être des étudiants. Sauf que derrière, nous n’avons pas de créneaux dans les centres de santé existants pour les recevoir », ajoute Christophe Tzourio, professeur de santé publique à l'université de Bordeaux et responsable de la cohorte i-Share sur la santé des étudiants.

 

Accompagner psychologiquement les encadrants

Gabriel Attal a aussi évoqué le Service national universel (SNU) : « La question de la santé est absolument centrale dans ce travail ». Et sur l’expérimentation réalisée auprès de 2 000 jeunes, « le bilan santé a été l’aspect le plus sollicité ». Éloignés du domicile familial et face à une équipe qu’ils ne recroiseront probablement pas, la parole s’est libérée. « En mettant des mots sur leur situation et sur ce qu’ils vivent, ils ont dit beaucoup de l’état de santé de la jeunesse. Cette parole nous a conduits à mettre en place, quasiment en urgence, un suivi et un accompagnement psychologique pour les encadrants qui n’[y] étaient pas préparés », poursuit-il. Un bilan du SNU est attendu dans les semaines à venir. 

La matinée s’est refermée sur l’épineuse question de la vaccination. Suite au décès d’une jeune fille de 17 ans à Bordeaux dû à la rougeole, « une grande campagne de vaccination pour les jeunes a été lancée, raconte Christophe Tzourio. Ça a été un échec complet. » Ce sujet demeure une priorité auprès de la jeunesse. Et contrairement à ce qui est généralement observé, les personnes les moins diplômées sont celles qui sont le plus à jour dans leur vaccination.

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