"On ne tient pas à ce que l'État prenne nos caisses" : médecins, infirmières, kinés manifestent contre la réforme | egora.fr
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"On ne tient pas à ce que l'État prenne nos caisses" : médecins, infirmières, kinés manifestent contre la réforme

qu'en 2030, il n'y aura plus de réserve dans la caisse autonome des médecins et qu'ensuite on dépendra de la générosité et de la parole de l'Etat."

 

Hausse des charges

Avec la fin des régimes autonomes, les kinés craignent également l'impact d'une hausse des cotisations. "Aujourd'hui, en ayant bien analysé tout ce qui nous a été proposé, on ne peut pas accepter cette réforme pour deux raisons : la première, c’est qu’elle va conduire à une augmentation de nos charges de 5 points. Il faut bien savoir qu’en tant que profession conventionnée, on ne peut pas répercuter cette hausse de charges sur nos tarifs. Et en parallèle, nos salaires ont subi un décrochage de 27 points depuis début 2000…" constate François Randazzo, président du syndicat des kinés.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Faute de pouvoir augmenter les tarifs, il faut augmenter son temps de travail, selon ce spécialiste. "Pour maintenir son niveau de revenu, un kiné qui travaillait 40 heures en 2000 devra travailler 51 heures aujourd’hui. Une nouvelle augmentation de nos charges va conduire à la fermeture de cabinets. Le deuxième point pour lequel on ne peut pas accepter cette réforme, c’est que la compensation de la hausse des cotisations de retraites via nos cotisations CGS va impacter la branche famille et maladie et de la sécurité sociale à hauteur de 2,8 milliards d’euros. Ça veut dire que le Gouvernement va rogner une nouvelle fois sur la qualité des soins."

 

Un peu plus loin dans le cortège, les infirmières et infirmiers partagent les mêmes inquiétudes. "Nous allons subir une augmentation très importante de nos cotisations pour nos retraites. Pour nous, c'est un doublement de nos cotisations : nous passons de 14 à 28,2%.  Aujourd'hui, pour nous, ça risque d'être vraiment très compliqué. Beaucoup d'infirmiers vont devoir arrêter leur activité demain. Une injection par exemple, c'est facturé 3,15 euros et 4,50 euros à domicile. Un déplacement représente 2,50 euros, 6,30 euros un pansement... A l'heure actuelle, nos charges sociales sont à hauteur de 45%. Demain, ça sera de 55%. Et 55% de nos 3,15... Ça ne fait pas beaucoup, demain il ne nous restera rien", explique Thierry Pechey de Convergence Infirmière.

Au pied de la colonne de Juillet, place de la Bastille, Marie Poussant, psychomotricienne, ne désespère pas. "On espère pouvoir fédérer une union, et c'est uniquement tous ensemble qu'on y arrivera, déclare-t-elle, bonnet phrygien sur la tête. Au final, ce n'est pas pour nos retraites que l'on lutte mais pour notre système de justice et de santé."

 

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