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"Etre pris en otage sur ce que font les patients est insupportable" : les angoisses des médecins face aux forfaits

les indicateurs retenus sont inapplicables ou incalculables ou dépendre de l'observance des patients", s'alarme un autre médecin généraliste.

"Aucune confiance dans le cahier des charges et les indicateurs de qualité, au vu de l'expérience de la ROSP", résume un autre médecin. "Indicateurs de qualité non stables dans le temps, concernant pour certains seulement quelques dizaines de patients pour une patientèle de près de 900 patients avec pour conséquence des variations statiques pouvant ne pas refléter la réalité, doutes concernant la qualité et l'exhaustivité du recueil des données de suivi, critères dépendant de nombreux paramètres externes et échappant parfois complètement à l'action du médecin. Système pervers poussant le médecin à se focaliser de façon chronophage sur les critères de qualité au détriment du temps consacré au patient."

 

"60% de nos patients ne nous disent pas la stricte vérité"

 

Pour ce jeune généraliste à l'exercice coordonné, c'est la question des indicateurs de qualité qui pose problème. "Je ne me sens pas directement responsable de l'évolution d'un diabète (hygiène de vie...) que je ne cesse de viser en consultation ! Prendre les médecins en otage sur ce que font les patients est insupportable." Même son de cloche chez de nombreux confrères, qui refusent une obligation de résultats. "Si nous pouvons conseiller et orienter les malades nous ne pouvons en aucun cas faire à leur place hors il semble que 60% de nos patients ne nous disent pas la stricte vérité", souligne ainsi un généraliste excerant en ville de manière regroupée.

Et même ceux qui se disent favorables demandent à connaître le montant et les modalités du forfait avant de se prononcer, suggèrent une expérimentation avant une généralisation, et se montrent très prudents : "Si ce forfait prend en compte l'éducation du patient diabétique et l'adaptation des doses d'insuline. Et bien sûr une cotation représentative de notre travail", avance un infirmier de ville. "Tout dépend du forfait et comment il s'articule, étant donné que nous sommes plusieurs professionnels à intervenir", ajoute un autre infirmier.

Plusieurs voix s'élèvent en faveur d'une rémunération mixte, qui combinerait paiement à l'acte et forfait. "Attention toutefois à ce que le forfait tienne compte des recommandations HAS et de ce qui est bon pour le patient. Par exemple certains diabétiques sont en régime diététique seul alors que la ROSP incite à prescrire de la metformine même lorsqu'il n'y a pas encore besoin d'un traitement médicamenteux. Il faudrait conserver la tarification à l'acte mais mieux valoriser ce forfait annuel qui tiendrait compte des indicateurs pour encourager à un suivi de qualité", suggère un jeune médecin généraliste.

"Une rémunération mixte serait plus adaptée, abonde un autre médecin. Revalorisation de l’acte d’une part, revalorisation de...

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