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"Qu'est-ce vous auriez fait pendant la crise Covid?" : récit d'un débat bref mais intense sur la santé entre Le Pen et Macron

Il a fallu attendre plus d'une heure mercredi soir pour que la santé, sujet prioritaire des Français, soit enfin débattue par les deux candidats finalistes de l'élection présidentielle. Au programme, une passe d'armes sur la gestion de la crise sanitaire, de (trop) rares propositions de lutte contre les déserts médicaux et un mot sur les enseignements à tirer du scandale Orpea. Ni plus, ni moins.

 

10 minutes. C'est le temps consacré hier soir aux sujets majeurs de la santé et de la dépendance par les candidats finalistes à l'élection présidentielle, lors d'un débat d'entre-deux tours particulièrement attendu.

Un échange précédé par quelques passes d'armes économiques sur la gestion de la crise du Covid. Alors que Marine Le Pen lui reprochait d'avoir, au terme du quinquennat, accumulé 600 milliards d'euros de dettes, dont "un tiers seulement" pour le Covid, Emmanuel Macron ne s'est pas privé de reprendre la candidate du Rassemblement national en lui faisant remarquer qu'elle oubliait d'inclure les dettes de la Sécurité sociale, qui ont permis de maintenir l'économie à flot malgré une pandémie "comme on n'en a pas vécue depuis un siècle". "Le Covid, c'est 600 milliards d'euros et je les assume complètement", a-t-il déclaré. Avant de contre-attaquer : "Qu'est-ce que vous auriez fait pendant la crise Covid, Madame Le Pen?", lui a-t-il lancé à plusieurs reprises. "Je n'aurais pas la cruauté de revenir avec vous sur la crise du Covid, sur les vaccins russes que vous proposiez d'administrer… Tous vos amis [Trump et Bolsonaro, notamment, NDLR], quand je vois comment ils ont géré la crise Covid, je suis plutôt fier de la manière dont on l'a gérée", a renchéri le candidat de La République en marche.

Le débat a ensuite porté sur la crise de l'hôpital, Emmanuel Macron rappelant l'investissement "historique" du Ségur de la Santé (19 milliards d'euros) et les revalorisations salariales consenties, allant de 183 euros à 400 euros net par mois pour les soignants. L'enjeu est désormais de restaurer l'attractivité de l'hôpital, pour pouvoir réembaucher et in fine, améliorer les conditions de travail, souligne-t-il. "Il n'y a que les crises qui arrivent à vous faire bouger, a taclé Marine Le Pen. Il a fallu la crise sanitaire pour vous apercevoir que les infirmières et les aides-soignantes étaient dans une souffrance absolument inouïe." La candidate d'extrême-droite a promis quant à elle 10 milliards d'euros d'investissement pour l'hôpital (notamment pour un plan IRM/Scanners) et 10 milliards d'euros de hausses de salaire. Elle s'engage par ailleurs à réintégrer les 15 000 soignants "licenciés sans salaire du jour au lendemain" pour avoir refusé de se vacciner contre le Covid et de leur restituer les rémunérations non perçues.

Face aux déserts médicaux, Marine Le Pen propose des incitations fiscales à l'installation des médecins, en complément d'une politique d'aménagement des territoires ruraux qui permette aux praticiens d'envisager d'y vivre avec conjoint et enfants. Quant à Emmanuel Macron, qui a signalé qu'il n'avait pas attendu la crise du Covid pour supprimer le numerus clausus, il a promu une nouvelle méthode consistant à mettre à contribution l'ensemble des acteurs de la santé et les élus d'un territoire pour organiser l'offre de soins au niveau local et de permettre à chaque Français d'avoir "un référent de santé" – infirmier ou pharmacien, si ce n'est médecin.

Réagissant au scandale Orpea, Marine Le Pen a demandé plus de contrôles dans les Ehpad, des ratios minimaux de personnels par rapport au nombre de résidents et une présence médicale accrue : "Il faut à tout prix exiger que les Ehpad aient un médecin coordinateur -il y a encore 30% des Ehpad qui n'en ont pas - et une infirmière 24 heures sur 24." Fustigeant les profits réalisés par le secteur privé lucratif sur les personnes âgées vulnérables, la représentante du Rassemblement national a plaidé  pour un "modèle plus mutualiste", à côté de l'offre publique. "Je ne pense pas qu'il faut pas jeter l'opprobre sur le secteur privé", a défendu Emmanuel Macron, reconnaissant néanmoins la nécessité de mieux le "réguler". Le président sortant a évoqué enfin, sa volonté de favoriser le maintien à domicile en contribuant à l'adaptation des logements ("Prime adapt'") et en permettant aux auxiliaires de vie et aides à domicile d'obtenir des contrats de 35 heures renforçant leur présence auprès des personnes âgées.

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