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En colère contre le manque de vaccins, un généraliste a décidé d'injecter des demi-doses

Alors que la Direction générale de la Santé a suscité la colère des médecins libéraux en leur demandant de ne pas passer de commande cette semaine pour favoriser l'approvisionnement des pharmaciens, le Dr Jean-Yves Schlienger, généraliste dans la Marne, s'est senti volé. En colère, il a décidé de vacciner ses patients avec des demi-doses.

 

Le Dr Schlienger, installé à Cormicy, dans la Marne, exerce dans une maison médicale qui regroupe entre autres trois médecins et trois infirmières. Ce praticien, membre de la FMF, est entré dans une colère folle lorsqu'il a appris qu'il ne pourrait pas commander de doses cette semaine, au profit des pharmaciens. Il a donc décidé de vacciner ses patients avec des demi-doses, pour la première injection.

"Le fait que le Gouvernement a décidé de nous voler nos doses amène à décaler les rendez-vous qui avaient déjà été pris. C'était beaucoup de temps pour la secrétaire. Je savais qu'AstraZeneca s'était aperçu qu'une demi-dose était plus efficace, alors je les ai appelés en Angleterre", explique le médecin à France 3 Grand Est. Le Docteur Schlienger a alors compris qu'"injecter des doses entières, c'est plus intéressant pour le chiffre d'affaires", rapporte la chaîne de télévision locale.

Depuis, il utilise donc des demi-doses avec l'accord de ses patients. Le médecin de famille leur a présenté les études d'Astra Zeneca qui montraient que les demi-doses étaient plus efficaces. Aucun n'a alors souhaité annuler son rendez-vous.

Exaspéré de ne pas avoir de doses supplémentaires depuis une semaine, le praticien a eu recours au système D. Il y a deux semaines, il a récupéré un flacon, puis deux. "Mais grâce aux seringues, on peut faire des doses supplémentaires en mélangeant les produits d'un même lot", indique-t-il.

 

Mot d'ordre de la FMF?

Le Dr Jean-Paul Hamon, président d'honneur de la FMF est tout aussi en colère face à ce manque de doses. "On ne peut pas laisser démarrer une campagne de vaccination, puis interdire de vacciner la semaine suivante. Cette décision a été la goutte de trop. Le jeudi précédent, à 15 heures, on avait organisé à Clamart la mobilisation de 24 médecins et de 24 infirmières. On nous avait annoncé 3.800 doses. Au final, on en a reçu 760. C'est insupportable. C'est les désordre permanent, le mépris permanent", dénonce-t-il.

Le médecin de Clamart plaide donc également pour la vaccination avec une demi-dose et juge intéressante l'initiative du Dr Schlienger. "Il a tout à fait raison. Il est très engagé. C'est un type génial. Après le communiqué de la Direction générale de la Santé, j'ai reçu des tas d'appels. Les médecins voulaient tout envoyer péter. Que Salomon vaccine !", rapporte le Dr Hamon à France 3 Grand Est.

Sur le concept de la vaccination à demi-dose, un mot d'ordre national en ce sens est à l'étude au sein de la FMF. "Je l'ai demandé au conseil d'administration du syndicat. Sa décision pourrait intervenir en fin de semaine. Les médecins sont tellement remontés après s'être impliqués dans 'l'opération de com' du Gouvernement qu'était cette campagne de vaccination du week-end dernier, le message de dimanche soir a été reçu comme une douche froide".

Du côté du Conseil de l'Ordre du département, on estime que la tension sur l'offre de vaccins ne justifie pas une telle position. "Ce choix est contraire aux recommandations de Santé publique France", indique le Docteur Jacques Lorentz, président du CDOM de la Marne, qui n'évoque toutefois pas de sanction à l'égard de son confrère.

[Avec France3-region.francetvinfo.fr]

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