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Généraliste en prison, portrait d'une sœur engagée

Anne Lécu. "La société est amenée à se poser des questions qu'elle ne s'était jamais posé. Mais ce n'est pas la médecine qui génère ça, c'est la technique, souligne-t-elle. Par exemple, la PMA va permettre à des couples qui ne pouvaient pas avoir d'enfant d'en avoir – c'est légitime de les accompagner. Mais ça peut aussi permettre à des personnes qui n'auraient jamais pu avoir d'enfant parce qu'elles ne se sont pas rencontrées, n'ont pas eu de relation sexuelle, d'en avoir. Ça ne va pas de soi. Ça vaudrait vraiment le coup qu'on prenne le temps d'y réfléchir. Il y a un problème éthique lorsque l'on demande à la technique de faire quelque chose que la nature n'aurait pas pu rendre possible."

 

"Je ne suis pas là pour faire du prosélytisme"

 

Tentée par la psychiatrie mais rebutée par les trois ans d'internat supplémentaires, Anne Lécu s'est reportée sur l'autre spécialité où l'on "cause avec les gens" : la médecine générale. Mais l'exercice libéral n'a jamais été une option. "J'ai besoin d'être dans une équipe", justifie-t-elle. La jeune sœur cherchait un poste salarié à temps partiel. Après un passage éclair dans un centre d'hébergement d'urgence parisien, on lui parle de l'exercice en milieu carcéral. "J'ai tapé sur le minitel les noms des prisons que je connaissais par la télé : Fresnes et Fleury. Et il y avait de la place à Fleury!" La prison étant rattachée à un hôpital public –actuellement, le CH Sud-Francilien (Corbeil-Essonnes), Anne Lécu a mis les choses au clair dès le départ: "Je suis en civil, je ne porte pas de signes distinctifs et je ne suis pas là pour faire du prosélytisme. Je suis là pour soigner les gens." L'expérience est concluante: "je n'ai pas du tout été choquée par l'atmosphère. Et moi qui ai une forte propension à m'ennuyer, je ne m'y ennuie pas."

Ce travail à temps partiel lui laisse le temps d'intégrer un master de philosophie pratique dédié aux professionnels du soin à l’École éthique de la Pitié-Salpêtrière et de soutenir une thèse de philosophie sur les soins en prison**. Naturellement, se pose la question du secret médical, "très malmené" en prison. "L'administration pénitentiaire a de moins en moins de scrupules à nous demander toute sorte d'informations. On est très souvent requis pour répondre à des questions qui ne relèvent pas du soin, mais de l'expertise : est-ce que madame Machin risque de se suicider ? Est-ce que monsieur Machin...

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