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"Si je n'avais pas été là, qui aurait défendu les médecins?" : portrait de l'avocat du Pr Raoult

Dans son viseur : l’Ordre des médecins, “qui a fait le choix de ne jamais contrarier le politique dans cette crise”, mais aussi les syndicats, qui “mettent leurs mains dans la culotte du politique”. “Pourquoi aucun syndicat n’a déposé un référé pour avoir des masques ?, fulmine-t-il, tapant du poing sur son bureau. Si je n’avais pas été là, qui aurait défendu ces mecs ? [...] Le médecin a besoin de se souvenir qu’il n’est pas une sous-catégorie de citoyen.”

 

"Quand un médecin bouge pour obtenir un droit, c’est presque un salaud”

Me Di Vizio n’épargne personne. Et tant pis si cela ne plaît pas. Nombreux sont ceux qui ont, en effet, jugé qu’il était malvenu d’intenter des actions en justice alors que l’épidémie ravageait le pays. Début novembre, Vincent Trémolet de Villers, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, s’indignait de la perquisition menée au domicile du ministre de la Santé alors que celui-ci s'apprêtait à annoncer les détails du couvre-feu. “Le temps de la justice ne doit pas être là pour contrarier et empêcher le temps politique”, estimait-il sur LCI.

La réaction de l’homme de loi, à l’origine de cette perquisition, ne s’était pas fait attendre. “Quand vous empêchez la justice de fonctionner, au motif qu’elle pourrait intervenir ou interférer dans l’exercice du pouvoir, et bien supprimez les juges !”, avait-il alors répondu, recadrant l’ensemble des personnes présentes ce jour-là sur le plateau. Enfoncé dans son fauteuil, l’avocat parisien contient toujours aujourd’hui sa colère à ce sujet : “Tous ceux qui disent ça sont mûrs pour vivre dans un Etat totalitaire. C’est quand le moment alors ? Qui décide ? À qui il faut demander l’autorisation?”

Celui qui connaît parfaitement le système italien pour y avoir vécu plus de six ans (de 2012 à 2019) demeure stupéfait par la passivité de la France lorsqu'il s’agit de faire valoir des droits. “En France, on a réussi cet exploit : quand un médecin bouge pour obtenir un droit, c’est presque un salaud.” C’est notamment pour cette raison qu’il a accepté de prendre en charge la défense du très controversé Pr Didier Raoult, poursuivi par l’Ordre des médecins suite à une série de signalements provenant de médecins, d’associations, mais aussi de la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf).

Ce dernier avait déjà pris en charge la plainte de l’infectiologue marseillais contre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) après son refus d’étendre l’utilisation de l’hydroxychloroquine. “On pense ce qu’on veut de Raoult, mais il a des droits. On lui reproche ses prises de position, ses vidéos, admettons, mais il est vraiment seul”, lance l’expert en droit de la santé, qui assure être très éloigné du débat autour de l’hydroxychloroquine. Mais le mal était fait pour ses détracteurs. “Quand on a su que j’étais l’avocat du Pr Raoult, j'ai reçu plein de menaces de mort de la part de médecins.”

 

“Victime consentante”

“Je vais te péter la ****”, “Vous devriez faire gaffe à votre famille”... Père de trois enfants, Maître Di Vizio essuie des dizaines d’attaques personnelles sans jamais porter plainte. Très croyant, l’homme dénonce “l’hystérie qui s’est emparée de cette crise”. “C'est les donneurs de leçons, les oies blanches de la profession, les gens qui n’ont rien à se reprocher qui font tout bien, mais qui menacent de mort quand même!”, ironise-t-il, dénonçant une “médecine spectacle”.

Au fil de la conversation, l’homme de loi confesse toutefois qu’il est “une victime consentante”, comme Raoult, et comme “un certain nombre de personnalités”. “Je m’en plains beaucoup, mais je récolte ce que j’ai semé. Au fond, je ne cherche pas à savoir comment ma parole va être interprétée. Je dis ce que j’ai à dire et je m’en fous. Ce n’est pas bon d’être comme ça. Une fois que vous le savez, si vous ne changez pas, c’est que vous êtes forcément victime consentante.”

Me Di Vizio confie aussi avoir mal vécu la situation au cœur de l’épidémie. Sur tous les fronts pour défendre les médecins, l’avocat en agace plus d’un. A commencer par ses confrères qui l'accusent d’avoir utilisé la crise pour acquérir de la notoriété. “Quand on m’explique que je me serais battu dans cette crise pour avoir une reconnaissance financière, je trouve ça marrant”, se défend-t-il, répétant à maintes reprises qu’il ne s’est pas versé un centime depuis cinq mois. Sa façon de participer “à l’effort de guerre”.

Peu importe les polémiques, le quadragénaire le certifie : il préférait se prendre les coups, plutôt que les médecins libéraux, et notamment les généralistes, des “gens passionnants et passionnés”, mais que “l’Etat a été incapable de protéger”. “J’ai une admiration pour...

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