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Hôpital : mais où sont passées les infirmières ?

dispose en effet pas d'une vision complète sur la démographie infirmière. Premièrement, parce que seules 440 000 des quelque 764 000 IDE sont inscrites à cet Ordre, créé en 2006. Deuxièmement, parce que la profession vient seulement d'intégrer le répertoire partagé des professions de santé (RPPS), faisant de l'Ordre "le guichet unique" de leurs démarches, en lieu et place des ARS.  

 

La tentation de la reconversion 

S'il ne dispose pas de chiffres consolidés et complets sur le phénomène, l'Ordre constate néanmoins qu'un grand nombre d'infirmières font part de leur intention de cesser d'exercer, du moins temporairement – "Il n'y a pas de désinscription massive", tempère Patrick Chamboredon. Outre un attrait certain pour l'exercice libéral, limité par l'impossibilité de s'installer dans les zones surdotées, le président de l'Ordre évoque des reprises d'études, des mises en disponibilité de l'hôpital… et des reconversions. "Le quotidien d'une infirmière, c'est la mort, la souffrance. Avec les moyens qu'on a pour panser les maux, qui ne sont pas que physiques… Il n'y a pas de salut", déplore-t-il.  

Les augmentations salariales entérinées par le Ségur (183 euros net mensuels pour tous fin 2020, puis une revalorisation des grilles indiciaires à compter d'octobre 2021) ne font pas tout. "La question de la rémunération a été traitée par le Ségur et les soignants continuent à s'en aller : c'est que le problème est plus profond. C'est courageux d'avoir mis autant d'argent sur la table, mais il y a d'autres leviers à activer", souligne le président de l'Ordre. Augmenter les effectifs en instaurant un ratio soignant/soignés dans les différents services, comme le réclament les syndicats ? Une solution difficile à mettre en œuvre à court ou moyen terme, étant donné les difficultés de recrutement. "Et si un jour on n'a pas le ratio, qu'est-ce qu'on fait ? On renvoie les patients ?", souligne Patrick Chamboredon. Définir des ratios nécessite par ailleurs de quantifier le soin infirmier, loin de se limiter à des actes techniques, ajoute-t-il. 

 

"Il faut donner plus d'autonomie aux infirmières" 

"Ce que nous voulons, insiste le président de l'Ordre, c'est une revalorisation globale de la profession, une reconnaissance de nos compétences. Il faut donner plus d'autonomie à l'infirmière sur la prise en charge des plaies ou de la douleur, par exemple. Le décret d'actes n'a pas évolué depuis 19 ans, malgré l'universitarisation, malgré le vieillissement de la population et l'augmentation des besoins." Si l'infirmière en pratique avancée représente une conquête indéniable, bien que la France soit en retard en la matière, la profession se heurte encore à "un plafond de verre" selon les mots de Patrick Chamboredon. Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022, en cours d'examen au Sénat, prévoit d'octroyer à l'IPA le droit de réaliser "certaines prescriptions soumises à prescription médicale" et que plusieurs amendements visent à accorder davantage d'autonomie aux différents corps de la profession, 30 organisations infirmières ont diffusé ce lundi 8 novembre un communiqué appelant les parlementaires à soutenir ces évolutions face au "corporatisme médical". 

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