Hôpital : mais où sont passées les infirmières ? | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Hôpital : mais où sont passées les infirmières ?

vent en poupe, "l'hôpital est de moins en moins attractif", confirme Mathilde Padilla, présidente de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), évoquant "la précarisation" de l'emploi avec des contrats courts et une "stagiarisation longue". Les stages, censés servir de "vitrine", font parfois office de repoussoir si l'établissement est mal équipé et l'étudiant mal accueilli. Mal encadrés, voire "maltraités", en stage par un personnel en sous-effectif et à bout de souffle, les étudiants seraient peu enclins à remettre les pieds à l'hôpital une fois leur diplôme en poche. "Améliorer l'accueil des étudiants en stage résoudrait en grande partie ce problème d'attractivité", estime la représentante des étudiants. 

Plutôt que prendre un poste hospitalier, certains jeunes diplômés se tournent donc plus volontiers vers l'intérim, financièrement plus intéressant et qui permet de garder la main sur son planning, ou vers la HAD, un exercice alliant les avantages de l'hôpital et ceux du domicile. Ils peuvent également opter pour la possibilité qui leur est désormais offerte de poursuivre leur cursus universitaire en se lançant dans un master d'infirmier en pratique avancée (IPA) ou bien de se spécialiser, en intégrant une école d'infirmier de bloc opératoire (Ibode) ou d'infirmière puéricultrice. "Il y a un réel engouement pour le libéral", ajoute Mathilde Padilla, "même s'ils ne peuvent pas s'installer avant d'avoir exercé deux ans".  

 

Diplôme Covid 

Encore faut-il que les étudiants parviennent jusqu'au diplôme. Au cours des quatre dernières années, plus de 1000 ESI auraient abandonné leur formation, a révélé Olivier Véran. Conséquences d'un désenchantement de la profession, souvent "idéalisée", ou de conditions de formation dégradées ? Un peu des deux, nous répond la Fnesi. Et la crise du Covid n'a fait qu'empirer les choses. "Le Covid a eu un double effet chez les étudiants, analyse la présidente de la fédération. Pour certains, il a renforcé l'envie d'exercer. Pour d'autres, il y a eu une perte de confiance dans le système de santé français et dans l'hôpital." 80% des étudiants ont été mobilisés, rappelle-t-elle : "les première année ont été amenés à faire de la garde d'enfants, les deuxièmes années ont pris des postes d'aide-soignant et les troisièmes années des postes de faisant fonction d'infirmier avec de lourdes responsabilités." Nombreux sont ceux qui, privés de cours en présentiel et de formation exhaustive en stage, ont l'impression de ne pas "avoir eu les mêmes chances" que les précédentes promos, souligne Mathilde Padilla. La Fnesi serait d'ailleurs sollicitée par des étudiants qui, ne se sentant pas prêts à exercer, souhaitent réclamer un redoublement.  

Peinant à attirer les nouveaux diplômés, l'hôpital ferait également face à une vague de départs. Mais combien ? Et où ? "Je ne sais pas, personne ne sait. C'est une réalité. J'en suis bien embêté mais je suis incapable de dire à ce jour où sont passées les infirmières", nous répond le président de l'Ordre des infirmiers, Patrick Chamboredon. Contrairement à l'Ordre des médecins, l'instance ne...

43 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

Aujourd'hui dans l'actu

Gestion du cabinet

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…