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Bronchiolite : pourquoi il ne faut pas tirer un trait sur les kinés

Le 14 novembre dernier, la HAS a actualisé ses recommandations de prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois et n’y a pas fait figurer la prise en charge kinésithérapique

avancer la bonne pratique dans une discipline. 

D’autant que pour avoir du poids et de l’importance, une recommandation de la HAS doit avoir autour de la table des représentants des usagers. Ce qu’on déplore sur cette recommandation, c’est que les seuls grands absents… étaient les usagers ! Le centre de la recommandation qui devait être “la prise en charge du nouveau-né lors du premier épisode aigu de bronchiolite”, c’est finalement des conclusions qui ne concernent quasiment que la kinésithérapie et pas le reste de la prise en charge… Et elles aboutissent sur des recommandations qui ne concernent que la kinésithérapie. 

 

Quelle est la spécificité de la prise en charge kinésithérapique dans les cas de bronchiolites ?

Ce que propose la kinésithérapie en libéral, c’est d’éviter des complications des formes modérées à moyennes. Au-delà de l’aspect éducatif sur le mouchage du bébé, la surveillance de l’alimentation et la prévention des risques, le kinésithérapeute accompagne les parents et les rassurent. Ils surveillent la saturation des petits patients. Nous nous y fions énormément pour mesurer le niveau d’atteinte et d’encombrement, et on sait que ça peut leur apporter confort et mieux-être. Cette prise en charge permet surtout d’éviter un taux de recours aux urgences important. 

Nous déplorons d’ailleurs des publications qui tombent en plein mois de novembre, à la veille de l’épidémie. C’est une mauvaise idée. Les parents vont être perdus, ne vont plus savoir quoi faire et la première chose sur laquelle ils vont se jeter, ce sont les urgences. Mais encore une fois, 97 % des enfants n’ont pas besoin d’y aller. 

 

Est-ce une dévalorisation du métier de kiné ?

Je ne sais pas s’il faut aller jusque-là dans le propos. Je ne pense pas que ce soit du "kiné-bashing" et de toute façon, à la fin, c’est souvent l’usager qui a raison. On sait qu’ils se tournent naturellement vers les kinés. Ils ont l’expérience et voient le comportement de leur enfant qui est clairement soulagé après la prise en charge. Chaque année, 400 000 enfants sont touchés par la bronchiolite. 

 

Le point de vue d’une Kiné 
Karine, pratiquant la kiné respiratoire depuis plus de 20 ans sur les enfants sur les bébés, n’a constaté aucune annulation dans son cabinet depuis deux semaines. “Pour les parents, la kiné respiratoire agit sur le bien-être de leurs enfants, la nourriture, le sommeil… Il n’y a pas débat. Les cabinets de pédiatres sont déjà remplis, les urgences sont remplies alors qui surveille les enfants ? C’est nous. Nous prenons la saturation pour savoir si le bébé va bien ou s’il faut, au contraire, l’envoyer à l’hôpital. Nous leur donnons aussi des conseils”, explique-t-elle. “Beaucoup d’enfants ne terminent pas à l’hôpital parce qu’on a été là. D’autant qu’on a mal lu les recommandations. Elles portent sur les bébés de moins de 12 mois ayant un premier épisode de bronchiolite sévère, c’est-à-dire hospitalisé et sous oxygène. À ce stade, évidemment qu’on ne fait pas de kiné respiratoire. Mais cela concerne, encore une fois, 3% des bébés.”
Celle qui se fait appeler “Tata Karine” sur les réseaux sociaux tient également à apporter une précision. “Aujourd’hui, on utilise le terme bronchiolite pour tout et n’importe quoi : les bronchites, les bronchites asthmatiformes, l’asthme chronique du nourrisson… La plupart des cas qu’on a en cabinet ne concernent pas la bronchiolite, mais toutes ces pathologies. Les recommandations ne prennent pas non plus en compte son évolution ces dernières années. Avant, les bronchiolites étaient très sifflantes alors que maintenant les enfants sont très glaireux. Le prise en charge par les kinés permet de faire en sorte que le bébé soit désencombré et puisse respirer normalement.” Elle souhaiterait enfin que tous ceux qui pratiquent la kiné respiratoire soient plus formés. “On est assez peu à s’occuper d’enfants. La pédiatrie est vraiment spécifique. Pour être crédibles, il faut vraiment savoir de quoi on parle.” 

 

 

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