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1955 : la variole fait trembler la Bretagne

des milliers de cas", s'alarme Paris-Presse, qui a consacré une série de reportages à l'épidémie bretonne.

Et ce malgré la mesure de confinement prise par le Dr Grosse : dès le 2 janvier, l'hôpital Chubert est bouclé. Personne n'entre, ni ne sort, à l'exception des médecins. "682 malades, 230 employés, 29 religieuses, 50 élèves infirmières et trois internes, soit près de mille personne au total" sont enfermées dans la "forteresse Chubert". "Leur nourriture vient de l'extérieur, mais rien ne sort sauf le courrier, préalablement désinfecté au formol et au rayon ultra-violet", raconte Paris-Presse. Les "varioleux" sont isolés dans trois pavillons : un pour les malades (leurs mains liées pour les empêcher de se gratter), un pour les convalescents et un pour les cas suspects, qui font parfois l'objet d'"arrestation préventive". Les cas contacts sont recherchés et systématiquement (re)vaccinés.

 

54 médecins en première ligne

Les 54 médecins de Vannes se voient chacun attribuer un secteur : dès le 6 janvier, 280 000 habitants du canton de Vannes, d'Auray, de Locminé, de Saint-Jean-Brevelay et de Quiberon doivent être vaccinés d'urgence. "A Vannes, dès 10 heures du matin, on faisait queue à la porte des six centres et en trois jours sur les 28000 habitants de la ville, 25 000 tendaient leur bras à la scarification. Les 3000 autres avaient été vaccinés par leur médecin traitant ou pouvaient présenter un certificat datant de moins de 3 ans", relate Paris-Presse.

Hier comme aujourd'hui, la vaccination obligatoire ne fait pas que des heureux : "Je sais que la vaccination peut être dangereuse. Il y a eu des cas d'encéphalites et des gosses en sont morts", s'insurge une mère de famille, qui a refusé le vaccin pour ses filles, même après avoir été convoquée par le directeur de l'école. La famille Gachet, membre des Disciples du Christ de Montfavet, fera l'objet de poursuites. Ils seront défendus par la Ligue nationale contre la vaccination, qui fait à l'époque campagne dans la presse pour alerter sur la nocivité du vaccin.

A des centaines de kilomètres de là, le signalement d'un cas suspect en Seine-et-Oise incite néanmoins les Parisiens à suivre le conseil de la préfecture et à se faire vacciner en masse. En l'espace d'une semaine, des centaines de milliers d'habitants de la capitale se pressent dans...

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