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L'édito de la semaine : Pour une science "ouverte"

L'actualité socioprofessionnelle vue par Karen Ramsay, rédactrice en chef du pôle magazines ("Egora-Le Panorama du médecin" et "Le Concours médical") à Global média santé.

 

 

 

 

Pour une science "ouverte" 

 

Qui a tort, qui a raison ? Le débat passionné, épineux, controversé autour de l’hydroxychloroquine porte une telle charge polémique que tous,scientifiques, professionnels de santé, politiques et autres badauds, se sont lancés, depuis des semaines et des mois, dans un duel de « pour » ou « contre », d’affirmations et de contradictions, de critiques et de contrecritiques. D’autant que les rebondissements ont été nombreux, les désaccords très médiatisés, le positionnement des pouvoirs publics critiqué, les propos du Pr Didier Raoult souvent polémiques et l’étude du très renommé Lancet saluée puis huée à la suite de la demande de rétractation de trois auteurs. Qui a tort, qui a raison ? Difficile, pour l’heure, de trancher avec certitude, car loin de toute accréditation par publication officielle, les études cliniques prennent des airs – du moins sur cette question – de conflit d’opinions.

Et c’est tant mieux, lance Léo Coutellec, maître de conférences en éthique et en épistémologie à l’université de Paris-Saclay, et coordinateur scientifique du projet « Covid ethics ». Pourquoi ? Parce que « la science est plurielle et traversée par des conflictualités » et qu’« autour d’un même objet, des chercheurs de la même discipline peuvent avoir des rapports différents à l’objet en question. Cette science hésitante, qui explore, s’est dévoilée avec la crise. Elle s’est mise à nu, en quelque sorte ». Au-delà de la « science du résultat », il faudrait donc encourager cette diversité d’opinions, cette « science ouverte ».

Ouverte, mais à quel point ? La science est-elle (aussi) affaire des politiques, des médias et, plus largement, du grand public ? Si « experts » et « consultants » de tous fronts ont occupé les plateaux télé depuis le début de l’épidémie, quelle légitimité donner à ces voix fidèles au « Je ne suis pas médecin, mais je pense que… » ? La science est devenue un débat de société. Mais la controverse n’est-elle pas une bonne chose ?

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