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Gestion du Covid, médecins dans les médias, Raoult… Le président de l'Ordre remet les pendules à l'heure

plan général cela se positionne. On a vu dans la première phase épidémique à quel point le confinement systématique a pu avoir un effet délétère sur l'état de santé des personnes âgées. Notre problème n'est pas de confiner les personnes à risque mais de pouvoir mettre en sécurité toute la population française dans des conditions où la contamination soit minimisée au maximum.

Nous ne sommes pas les défenseurs d'un confinement généralisé. Mais nous disons avec force qu'il faut que l'ensemble de la population respecte les mesures barrières et que raisonnablement chacun et chacune d'entre nous se pose la question en allant vers quelqu'un d'autre : est-ce que c'est un déplacement indispensable ? N'y-a-t-il pas un autre moyen d'être en contact ? Ce n'est pas le confinement de population à risque qui nous apportera la solution, tant que le virus circulera.

 

"Ce qui était prévisible se fait maintenant dans l'urgence"

 

Comment jugez-vous la stratégie de dépistage et de traçage mise en place ?

Nous avons été très observateurs et très critiques. Nous avions demandé dès le mois de juin la priorisation des tests. Nous voyons le temps qu'il a fallu pour que cela se mette en place. Nous demandons à ce que les protocolisations des tests antigéniques soient bien claires et appliquées par l'ensemble des acteurs. Nous en sommes encore dans le débat à ce niveau-là. Nous avions demandé à ce que la politique de vaccination soit très clairement explicitée et surtout que la France dispose bien des moyens nécessaires pour vacciner le plus grand nombre.  Nous avons le sentiment là aussi que c'est confronté à l'événement que les décisions sont prises alors que nous en appelions à une anticipation. Je reviens sur ce regret de la période estivale dans laquelle ce qui était prévisible se fait maintenant dans l'urgence. Nous aurions pu, tous autour de la table, mieux préparer une situation de prise en charge de cette deuxième période de l'épidémie.

 

Le Gouvernement est donc responsable selon vous ?

Je ne dis pas que c'est le Gouvernement au sens d'une responsabilité qu'on décréterait parce qu'on est président de l'Ordre des médecins. Je dis que le Gouvernement, politiquement, n'a pas à mon sens, pris l'autorité sur l'administration de la crise. Ce qui nous semble aujourd'hui être le point le plus important, c'est que cette crise ne se gère pas que techniquement. Elle doit aussi se gérer avec une autorité politique, de façon à ce que l'ensemble des administrations de la santé et des autres ministères exécutent les injonctions. Il ne doit pas falloir des semaines et des semaines pour obtenir des éléments.

C'est quand même un non-sens que nous ayons eu dans la deuxième vague de l'épidémie le même problème que dans la première. Je pense notamment aux restrictions de circulation pour les professionnels de santé à qui l'on a demandé de sortir des attestations comme n'importe qu'elle personne. Le Gouvernement s'est trompé la première fois et il a reproduit la même erreur la seconde fois. Nous avions pourtant résolu le problème avec la simple production de la carte professionnelle. Il a fallu que tous les acteurs se mobilisent la semaine dernière pour que l'on ait un message urgent de la DGS. Il faut que l'autorité politique soit totale sur l'administration de l'ensemble des ministères.

 

"Quand on est médecin, on ne s'écoute pas parler et on ne fait pas des médias un tremplin personnel"

 

Aujourd'hui les médecins sont omniprésents dans les médias. Certains disent blanc tandis que d'autres disent noir, ce qui entraîne une grande confusion dans l'esprit des Français. L'Ordre ne devrait-il pas encadrer leur parole ?

Nous constatons et nous déplorons qu'aujourd'hui, par un effet de médiatisation à outrance, des médecins de notoriété ou d'expertise connue ou inconnue, se soient retrouvés propulsés devant les médias. Ils ont transformé leur sentiment personnel en parole d'expertise. Nous leur disons attention. Lorsque vous affirmez des convictions personnelles qui ne sont pas appuyées par des résultats scientifiques, vous ajoutez de la confusion et vous portez une responsabilité. Nous leur disons que quelle que soit leur notoriété individuelle, s'ils sont en infraction avec la déontologie, ils auront un rendez-vous avec le champ disciplinaire de l'Ordre des médecins. C'est une lourde responsabilité qu'ils prennent lorsqu'ils affirment des choses qui ne sont pas validées scientifiquement.

Nous les invitons également à regarder le code de déontologie et ses commentaires qui disent très clairement dans quelles conditions ils peuvent s'exprimer.

Le problème est que beaucoup de médias ont voulu...

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