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Etudes, rémunération, retraite : Agnès Buzyn face aux angoisses des médecins

redonner du sens au métier, c’est évident. Que les médecins puissent se concentrer sur leur cœur de métier, c’est-à-dire prendre en charge les patients, et leur éviter tout ce qui est paperasse et tracasserie administrative. Je suis très attentive à ce que l’on soulage les médecins, c’est l’objectif des assistants médicaux mais aussi de l’exercice coordonné puisqu’une part de l’activité est absorbée par d’autres. Je pense aussi que chacun doit rester vigilant au bien-être psychique de ses collègues. Il faut un repérage collectif, oser en parler, demander de l’aide quand on voit un collègue en difficulté, et rompre le tabou de la souffrance psychique.

Depuis l’année dernière, nous avons mis en place plusieurs actions et dispositifs dans les établissements de santé, identifié des cellules de vigilance et d’accompagnement des soignants en souffrance, avec une forte implication de la médecine du travail. Nous avons lancé l’Observatoire de la qualité de vie au travail, élaboré une charte pour la prévention des risques psychosociaux pour les internes. Après le rapport du Dr Donata Marra, un centre de ressources dédié à l’accompagnement de ces jeunes en souffrance devrait voir le jour à l’été 2019. Avec le médiateur national Edouard Couty, nous avons prévu une organisation régionale des médiateurs afin qu’ils puissent intervenir dans les établissements.

 

Les derniers chiffres de l’Observatoire de la sécurité des médecins font état d’un record d’agressions en 2018. Comment venir en aide aux généralistes libéraux qui sont les plus exposés ?

Il est insupportable qu’on puisse s’en prendre à des soignants dont la vocation et le quotidien sont justement de prendre soin des autres. L’agression d’un médecin peut être considérée comme une circonstance aggravante par la justice. J’invite tous les professionnels qui se retrouvent malheureusement dans cette situation à porter plainte.

Par ailleurs, dans une approche plus préventive, il existe des accords santé-sécurité-justice qui ont été étendus à tous les soignants de ville. Des forces de l’ordre, formés et diplômés, peuvent ainsi, à la demande du Conseil de l’Ordre, se rendre dans un cabinet afin d’apporter leur expertise en matière de sécurité. Enfin, l’exercice regroupé en MSP ou en centres de santé est, là aussi, plus sécurisant que l’exercice isolé.

 

Dans quelle mesure la réforme de la retraite universelle menace-t-elle le régime spécifique des médecins libéraux ?

La réforme vise à l’universalité de l’accès aux droits : tous les régimes de retraite obligatoire ont ainsi vocation à intégrer cette réforme. Mais cela ne nie pas certaines spécificités des professions. Ce travail d’identification est aujourd’hui en cours. Le Haut-Commissaire reçoit les différentes professions et notamment les syndicats de médecins libéraux. Le régime des médecins a vocation à rejoindre un système universel. Mais universel ne veut pas dire unique. C’est universel dans le principe, mais les spécificités de certains métiers, ou par rapport à des plafonds de ressources, peuvent être prises en compte. Le système universel sera également en capacité d’intégrer tous les changements qui seront discutés et négociés dans le cadre conventionnel. La réforme va se mettre en place progressivement, nous prendrons tout le temps nécessaire de transition pour travailler avec les partenaires sociaux.

 

Les résultats de la consultation sur la réforme de la rémunération

Dénonçant une "course" à la quantité néfaste pour la qualité des soins et les finances publiques, le Gouvernement a décrété la fin du tout-paiement à l’acte dans le financement du système de santé. Dans un rapport remis le 29 janvier, Jean-Marc Aubert identifie de nouveaux modes de rémunération : forfait de suivi de patient chronique, paiement à la séquence de soins, paiement à la qualité/pertinence des soins… Avant d’engager cette importante réforme du système de santé, Agnès Buzyn a souhaité mener une concertation, sollicitant notamment l’avis des professionnels de santé lecteurs d’egora-Le Panorama du médecin.

Du 1er février au 31 mars, 4 115 professionnels de santé (70 % de médecins libéraux et hospitaliers ; 78 % de professionnels libéraux) ont donné leur avis. Manifestant un attachement au paiement à l’acte, 9 professionnels libéraux sur 10 jugent que les actes et consultations de base sont sous-cotés. Et ont exprimé leurs réticences face au développement des rémunérations forfaitaires : seuls 21% des médecins et infirmiers libéraux accepteraient d'être rémunérés par un forfait annuel global pour le suivi du diabétique.

Par ailleurs, si un peu plus de la moitié des libéraux trouveraient utile pour leur pratique de disposer d’indicateurs de qualité, une minorité (23,6 %) accepteraient d’être rémunérés en partie sur la base de ces critères. A. M.

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