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Etudes, rémunération, retraite : Agnès Buzyn face aux angoisses des médecins

d’augmenter leur nombre mais à la marge, car les universités ont déjà absorbé de nombreux étudiants. Les modes d’enseignement sont en train de se diversifier. Le plan de la ministre de l’Enseignement supérieur, financé à hauteur de 1 milliard d’euros, développe des formations numériques, de la simulation dans les conditions du réel… Autant de types d’enseignement qui ne sont pas forcément présentiels. Les études de médecine vont en bénéficier, comme les autres.

Nous avons aussi l’objectif de sortir les étudiants de l’hôpital, de leur permettre de faire des stages, notamment en cabinet. On a augmenté la rémunération des maîtres de stage (MSU) de 600 à 900 euros. Je souhaite que les doyens et les départements de médecine générale aillent plus loin dans la labellisation des MSU, notamment dans les zones rurales. Il faut aussi diversifier l’offre de stages en médecine du travail, en médecine scolaire afin que les étudiants découvrent des pratiques variées et trouvent leur voie.

L’objectif de la réforme n’est pas seulement d’augmenter le nombre de médecins formés mais aussi d’arrêter ce gâchis humain qu’est la Paces aujourd’hui, avec 600 étudiants sur 1 000 que l’on met en situation d’échec et qui sont obligés de se réorienter. L’idée est aussi de diversifier les modes d’entrée dans les études de médecine pour arrêter de rechercher chez tous les candidats la même compétence : apprendre par cœur. Ça ne peut pas être la principale compétence des médecins quand on voit la diversité de l’exercice et l’évolution des besoins des patients.

 

Comment seront sélectionnés les futurs étudiants en médecine ?

C’est en cours de concertation entre les doyens, les présidents d’université et les syndicats d’étudiants, et ça avance bien. Il y aurait deux modes d’entrée, dont la part pourrait être variable selon les universités : une majeure santé qui ouvrirait l’accès aux différentes filières des professions de santé et une mineure santé qui permettrait à d’autres étudiants de rejoindre le cursus, avec un examen de vérification des compétences. Il faut que tout soit arrêté d’ici l’été, afin que Parcoursup soit adapté à la rentrée prochaine pour une mise en œuvre de la réforme à la rentrée 2020.

 

Est-il question de décaler d’un an la réforme, comme on a pu l’entendre ?

Non, la Paces sera bien supprimée à la rentrée 2020. On a décidé en revanche de reporter la réforme du deuxième cycle d’un an, car il était difficile de mobiliser les équipes universitaires sur une double réforme de cette ampleur en si peu de temps. Elle s’appliquera aux étudiants qui entrent en 4e année en 2020 et non en 2019.

 

L’Ordre des médecins a présenté la semaine dernière une enquête sur l’installation des jeunes médecins. Fait surprenant, 75 % des internes plébiscitent l’exercice libéral… mais ils appréhendent le fait d’avoir à gérer une entreprise ainsi que le régime de protection sociale. Comment répondrez-vous à ces craintes ?

Ces résultats sont plus nuancés. Quand on décrypte le sondage, on voit que seuls 3 % des internes souhaitent un exercice libéral isolé. 45 % veulent un exercice regroupé en cabinet de groupe ou en MSP – on voit que les jeunes médecins sont très sensibles à l’idée des coopérations, soit entre eux soit entre professionnels de santé. Et 27 % se dirigent vers un exercice mixte, libéral et salarié. Ces éléments confirment que la politique que nous menons correspond aux aspirations des jeunes médecins. Je pense notamment au développement des CPTS prôné dans le plan "Ma santé 2022" et aux mesures en faveur de l’exercice mixte qui figurent dans le projet de loi santé.

Par ailleurs, nous avons beaucoup de dispositifs d’incitation à l’installation en libéral, notamment les contrats de praticien territorial de médecine générale ou de médecine ambulatoire, qui permettent une meilleure protection sociale. J’ai missionné le Dr Sophie Augros, médecin généraliste et déléguée du Plan d'accès aux soins, pour faire un état des lieux de tous les contrats incitatifs afin de savoir lesquels fonctionnent ou non, et les plus pertinents en termes de besoins. C’est important, car on a aujourd’hui un mille-feuille incompréhensible. J’aimerais avoir le rapport cet été, pour éventuellement proposer des évolutions pour le PLFSS.

 

Selon un récent sondage Ifop paru dans le Journal du dimanche, près de 9 Français sur 10 sont favorables à une obligation d’installation des médecins dans des zones rurales sous-denses. Les débats parlementaires sur le projet de loi de santé ont montré cette tentation de la coercition, de plus en plus forte. Pourrez-vous résister encore longtemps à cette pression ?

Aujourd’hui, la question n’est pas de résister mais de...

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