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Faute d'infirmières, l’hôpital de Roubaix peine à ouvrir son unité hivernale

 les "problèmes de planning". "Dans la même semaine, on nous demande de faire des matins, des après-midis, des nuits. Le corps est tout le temps déréglé, on ne récupère jamais. On ne peut pas changer tous les deux jours comme ça, on est à bout".

"On a aussi des professionnels qui vieillissent au travail", pointe Maxime Morin. "L'âge de départ en retraite a déjà nettement augmenté dans nos établissements ces dix dernières années et il y a plus d'arrêts de travail, plus de maladies professionnelles et plus de maladies graves chez ceux qui ont entre 55 et 65 ans". D'un côté donc, un fort absentéisme, et de l'autre, des difficultés à recruter. L'hôpital de Roubaix dispose pourtant dans ses murs d'un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), dont 80 étudiants sont sortis diplômés en juillet et 40 en décembre, mais peine de plus en plus à les attirer.

 

Des salaires trop bas

Parmi les facteurs qui pèsent dans le choix des jeunes diplômés, "le salaire joue beaucoup, c'est ce qui les attire vers les pays étrangers", comme la Suisse ou la Belgique, et vers le secteur libéral, explique Alain Messien, directeur de l'IFSI. A la rémunération s'ajoutent aussi d'autres éléments selon lui : "les conditions de travail et l'instabilité des horaires". Face à l'absentéisme, l'hôpital public rappelle souvent son personnel sur ses heures de repos, quand le secteur privé, lui, "fait appel à des personnels intérimaires", plus chers et moins productifs, pour garantir les emplois du temps des titulaires. Récemment diplômée de l'IFSI, Tiphaine, 23 ans, a choisi de ne pas exercer à Roubaix. "Vu mes expériences de stage, je ne me suis jamais posé la question", confie-t-elle. Elle a préféré rejoindre un établissement psychiatrique, où les conditions de travail sont "meilleures", même si "c'est moins bien payé". "C'est vous dire à quel point les soins généraux, ça n'attire pas du tout".

Les effectifs en poste, eux, tirent la langue. Selon le dernier bilan social, le stock d'heures supplémentaires non récupérées et non payées s'élevait à 112.287 fin 2018. Des salariés dénoncent une "bulle spéculative", malgré les efforts de la direction qui devraient permettre de diminuer ce chiffre de 9% en 2019. "Les gens ont l'impression de travailler gratuitement", estime un infirmier anesthésiste. "Le système tient parce qu'il y a beaucoup d'anciens qui sont venus à l'hôpital avec l'idée de dévouement, mais la nouvelle génération ne veut plus de tout ça. Et avec les départs en retraite, on va avoir de gros problèmes".

 

[Avec AFP]

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